L’Organisation internationale du travail (OIT) est revenue à la charge pour prévenir, une nouvelle fois, sur les conséquences désastreuses que provoqueront les mesures sanitaires anti-coronavirus parmi les travailleurs de l’économie informelle dans le monde.
Dans un nouveau rapport publié jeudi, l’OIT rappelle que 1,6 des 2 milliards de travailleurs informels sont affectés par les mesures de confinement, instaurées face à la propagation du coronavirus. Précisant que ces restrictions vont accroître le nombre de travailleurs informels en situation de «pauvreté relative», ceux dont le revenu est inférieur à 50% du revenu médian national.
La plupart des travailleurs informels n’ayant pas d’autres moyens de subsistance sont donc «confrontés à un dilemme presque insoluble : mourir de faim ou du virus», a alerté l’organisation onusienne. Actuellement estimé à 25%, le taux des travailleurs informels en situation de «pauvreté relative» devrait passer à 60% suite à la pandémie, a expliqué une experte de l’OIT, Florence Bonnet, au cours d’une conférence virtuelle.
Les travailleurs les plus touchés par cette crise sans précédent sont ceux activant dans les secteurs de l’hébergement et de la restauration, de l’industrie manufacturée, de la vente de gros et de détail, ainsi que les plus de 500 millions d’agriculteurs qui approvisionnent les marchés des villes. La part des travailleurs de l’économie informelle, gravement affectés par le confinement, varie de 89% en Amérique latine et dans les Etats arabes à 83% en Afrique, 73% en Asie et Pacifique, et 64% en Europe et Asie centrale, a encore fait savoir la même source, relevant que cette situation a été exacerbée par les perturbations de l’approvisionnement alimentaire qui ont particulièrement affecté les travailleurs de l’économie informelle. Quant aux 67 millions de travailleurs domestiques dans le monde, dont 75% sont des travailleurs informels, beaucoup d’entre eux ne peuvent plus travailler, que ce soit à la demande de leur employeur ou en raison du confinement, fait savoir encore l’OIT, avant de souligner la nécessité d’adopter «des politiques qui réduisent l’exposition des travailleurs informels au virus, garantissent que les personnes infectées ont accès à des soins de santé, fournissent un revenu et une aide alimentaire aux individus et à leur famille, et préviennent les dommages causés au tissu économique des pays».