Les résultats d’une mauvaise gouvernance ne disparaitront pas du jour au lendemain. Une conclusion tellement galvaudée que ça devient lassant de le répéter. Toutefois, lassitude ou pas, il est important de revenir sur les conséquences parce que tout simplement l’Algérie est toujours en train de payer l’incroyable gabegie qu’elle a subie durant au moins 20 ans. L’un des exemples les plus en vue reste l’ANSEJ devenue depuis quelques mois l’ANADE (Agence Nationale d’appui au développement de l’entrepreneuriat).
La désinvolture avec laquelle a été traité ce dossier durant plusieurs années restera sans aucun doute dans les annales. Dilapidation de l’argent public, et irresponsabilité des gouvernements successifs de la période boutelikienne, sont les deux principaux constats à faire. L’impact négatif ne s’effacera pas de sitôt. D’ailleurs l’ANADE se retrouve plus à s’occuper des entreprises créées dans le cadre de l’ANSEJ que de se concentrer sur sa principale mission, celle de booster l’entrepreneuriat. Il ne faut pas hésiter à nommer ce qui s’est passer par ce qu’il en est, un véritable crime économique.
En se penchant sur ce qui s’est passé avec l’ANSEJ, il est très facile de comprendre le (dé)raisonnement avec lequel a été géré le pays durant une longue période. La culture de ne pas rendre des comptes qui était omniprésente, et qui est loin d’avoir disparu, a été désastreuse. Elle s’est manifestée au niveau des crédits octroyés à l’emporte-pièce, et au niveau de la gestion de tous les secteurs du pays. Si après plus de deux ans du départ du président déchu, l’Algérie est encore embourbée dans des problèmes incommensurables, c’est que le mal a été profond, et bien difficile à exterminer.
C’est avec cette même « mentalité » que les gros dossiers économiques du pays ont été traités. C’est avec cette même « mentalité » que des centaines de milliards ont été gaspillés, avec une insouciance incroyable et devant aucun contre-pouvoir. C’est avec cette même « mentalité » que les sujets politiques ont été abordés, avec un pouvoir n’épargnant aucun effort pour faire le vide autour de lui.
Les résultats sont là. Un pays bloqué, avec un passif très lourd, et dont la jeunesse ne rêve que d’une chose, rejoindre d’autres cieux. Un crime économique ! C’est bien plus que ça.