Le secteur de l’Education nationale n’en finit pas avec les débrayages et les mouvements de protestation qui ne sont pas sans générer des désagréments quant à l’apprentissage des élèves, privés, depuis plusieurs semaines, de cours deux jours par semaine.

Par Milina Kouaci
Le coût pédagogique est important, alertent des enseignants et des parents d’élèves sur fond d’inquiétude, compte tenu de l’insistance du Cnapeste à inscrire son mouvement dans la durée. Le risque de voir ce débrayage durer ne renvoie, cependant, pas uniquement au débrayage en cours qui est à sa troisième semaine de grève cyclique de deux jours
En effet, l’Organisation algérienne des professeurs de l’éducation (ONPE) menace, elle aussi, d’une action de grève qui sera enclenchée après concertation avec les autres organisations syndicales, apprend-on de ce syndicat.
A l’évidence, il ne fait point de doute que les actions de grève du Cnapeste perturbent le déroulement du premier trimestre de l’année scolaire, bien que le taux de suivi soit «mitigé» dans les trois paliers de l’enseignement.
Les élèves, dont les enseignants sont affiliés à cette organisation syndicale, sont privés de deux jours de cours chaque semaine, depuis le 2 novembre dernier, ce qui constitue une grosse perte, alors que les examens du premier trimestre débutent le 28 novembre prochain, soit dans une dizaine de jours. Ce syndicat compte recourir à tous les moyens de pression pour la concrétisation de ses revendications, bien que le ministre de l’Education, Abdelhakim Belabed, s’est engagé à solutionner les problèmes et les revendications exprimés par le personnel du secteur.
Mardi dernier, le ministre de tutelle a, en effet, indiqué que son département travaille «sans relâche pour surmonter les difficultés et résoudre les problèmes du secteur» conformément aux lois en vigueur. Il a également expliqué que le gouvernement est en passe de concrétiser les décisions du Président concernant l’amélioration du pouvoir d’achat des travailleurs, y compris ceux de l’Education nationale. Mais la grève du Cnapeste s’est poursuivie hier pour le deuxième jour consécutif afin d’exiger la prise en charge de leurs doléances. Dans son dernier communiqué, le Cnapeste a réitéré son appel à la prise en charge totale des préoccupations des travailleurs de l’Education afin d’assurer une vie digne aux enseignants. D’ailleurs, son porte-parole Messaoud Boudiba fait savoir que le syndicat est «déterminé» à poursuivre son mouvement de protestation jusqu’à la réalisation des revendications.
Le 18 octobre dernier, le Cnapeste a appelé à une grève hebdomadaire de deux jours, à compter du 2 novembre. Le Cnapeste dénonce notamment le recul du pouvoir d’achat et la gravité de la situation sociale actuelle, soulignant la nécessité de revaloriser les salaires des enseignants. Il soulève également des revendications socioprofessionnelles liées notamment au logement, à la retraite, aux œuvres sociales, à la médecine du travail, la révision de la prime de zone et la garantie des libertés syndicales.
Finalement, la grève du Cnapeste appelle à une solution rapide au risque de voir les élèves accuser un retard énorme qu’ils ne pourront pas rattraper facilement, particulièrement ceux des classes d’examen de fin d’année scolaire. n