Les conséquences sont plus que lourdes du point de vue pédagogique. C’est un véritable gâchis dans un secteur où le temps pédagogique et de la transmission du savoir vaut son pesant d’or. La grève qu’observe la Coordination nationale des enseignants du cycle primaire a déjà un coût, 21 jours de perte qui seront sans doute difficiles à rattraper dans un palier qui aborde laborieusement son deuxième trimestre.
Déclenchée depuis le 6 octobre dernier alors que personne ne l’attendait, la grève menée signe d’ores et déjà 21 jours de perdus, selon un compte établi par des sources au sein de cette organisation syndicale qui continue de défrayer la chronique en maintenant la pression sur la tutelle et en mettant dans l’embarras les traditionnelles organisations syndicales. C’est d’autant plus inquiétant que les enseignants grévistes se préparent pour une nouvelle semaine de contestation cyclique devant, disent-ils « l’absence de signes de dénouement à la crise ».
Tout en sachant que le nombre d’heures pédagogiques pour un enseignant du premier palier est de 8 heures, il n’est point difficile de constater que ce nombre de journées de grève pèse lourd sur l’avancement des programmes scolaires, soulignent des enseignants.
D’autant plus que le taux d’adhésion « reste tout de même considérable », font remarquer des membres de la coordination des enseignants grévistes qui parlent d’une adhésion dépassant les 60 % dans certaines wilayas comme Tizi-Ouzou, Alger et Bordj Bou-Arréridj.
Aujourd’hui, force est de constater que les grévistes tendent à mesurer fortement les méfaits de leurs actions sur l’application du programme pédagogique dans le cycle primaire. D’où les concertations engagées entre les coordinateurs nationaux de cette organisation revendicative en vue de voir « quelles sont les démarches à entreprendre pour faire face au silence de la tutelle».
Les revendications des grévistes vont de la suppression des tâches non professionnelles jusqu’à l’application avec effet rétroactif du décret présidentiel 14-266 qui attribue l’échelon 12 aux enseignants du primaire et ce avant d’arriver à l’unification des classements avec les autres paliers de l’Education nationale comme le revendique la même coordination.
L’un des coordinateurs nous a affirmé hier que les membres nationaux de cette coordination n’ont pas prévu de nouvelles réunions du fait qu’il n’y a pas eu de « nouvelles évolutions ». Résultat. « La grève cyclique hebdomadaire de trois jours va continuer pour cette semaine du lundi au mercredi avec des sit-in organisés dans toutes les wilayas ». Un autre coordinateur national a estimé, pour sa part, que « les concertations continuent et les approches varient entre celles qui optent pour le maintien des trois jours de grève alors que certains veulent deux jours, lundi et mercredi. Il y en a même qui veulent accorder un délai d’un mois à la tutelle avant d’aller vers l’escalade ». Pour le même syndicaliste, les choses vont devoir s’éclaircir dès la journée de demain (lundi) qui sera marquée par un énième débrayage.
Autrement dit, le malaise est parti pour durer dans le premier palier de l’Education nationale, alors que les conséquences du débrayage sont déjà lourdes à mi-parcours d’une année scolaire qui s’annonce longue et difficile.
Le coordinateur du Syndicat national autonome des professeurs d’enseignement secondaire et technique (Snapest), Meziane Meriane considère à cet effet que « la perturbation des cours de trois jours par semaine peut impacter l’apprentissage des élèves ». Il a appelé, dans ce sens, le ministère à « trouver des solutions aux revendications des enseignants du primaire et ce pour l’intérêt de l’élève ».