32 000 opérateurs sur un total de 42 000 n’ont pu se conformer aux nouvelles conditions par les services du Centre du registre national de commerce (CNRC).

Par Hakim Ould Mohamed
La traque aux importateurs fraudeurs à travers les mesures de contingentement et d’actualisation des registres de commerce a permis de réduire sensiblement les opérateurs activant dans le commerce extérieur. Selon les données communiquées, hier, par le directeur général du Centre national du registre du commerce (CNRC), Mohamed Slimani, près de 32.000 importateurs sur un total de 42.000 n’ont pas pu se conformer aux nouvelles conditions fixées par les services du CNRC. Cette difficulté à s’adapter aux nouvelles règles en matière d’exercice des activités du commerce extérieur s’est ainsi traduite par une baisse importante du nombre d’importateurs. Mohamed Slimani, invité dans les studios d’Echorouk, a indiqué à ce propos que le nombre actuel des importateurs actifs n’est que de 9.656, soit près de 10.000 importateurs spécialisés sur une population de 42.000 importateurs recensés depuis 2018. Le différentiel, soit 32.000 importateurs, représente la frange des opérateurs ayant abandonné leurs dossiers faute de pouvoir se conformer aux nouvelles exigences du CNRC, lesquelles font obligation, entre autres, aux importateurs de se spécialiser dans un seul créneau d’importation, autrement procéder à la création de nouvelles sociétés pour pouvoir investir dans d’autres créneau du commerce extérieur. Il y a quelques semaines, le ministre du Commerce et de la promotion des exportations, Kamel Rezig, a révélé que les investigations menées par les services de son ministère ont permis de mettre la main sur 6000 dossiers de faux importateurs qui activaient avec des registres de commerce fictifs ou loués. En tout cas, les opérateurs économiques activant dans les métiers du commerce extérieurs ont jusqu’au 31 décembre courant pour se conformer aux nouvelles conditions d’exercice des opérations du commerce extérieur. Faute de quoi, les retardataires seront tout simplement rayés des fichiers, à en croire le directeur général du commerce extérieur au ministère du Commerce et de la promotion des exportations, Khaled Bouchlaghem, lors d’une récente sortie médiatique. Ce coup de rabot opéré sur le fichier national des importateurs a été ainsi révélateur d’une activité hautement parasitée par les faux importateurs, dont l’incidence sur les métiers du commerce extérieur s’est traduite par une hausse de la facture d’importation, la fragilisation de certaines filières de l’économie nationale, ainsi que la prolifération des fléaux gravitant autour de cette activité, dont les fausses déclarations, l’évasion fiscale et la surfacturation. Durant de nombreuses années, notamment les années du pétrole cher, où le Brent caracolait à plus de 100 dollars, l’activité d’importation a été un créneau juteux qui profitait aussi bien à des opérateurs nationaux qu’étrangers. La facture d’importations culminait alors à des niveaux problématiques de 60 à 65 milliards de dollars, services compris. Depuis quelques mois déjà, dans une tentative d’inverser la tendance haussière des déficits jumeaux, le gouvernement a mis en place des dispositifs juridiques obligeant l’ensemble des opérateurs économiques à recourir aux biens et aux services produits localement dans le cadre de leurs commandes. Cette démarche a été soutenue par une politique de régulation et de réduction des importations en mettant fin au dysfonctionnement qui caractérisait l’encadrement du commerce extérieur. Cette politique commerciale, entamée depuis 2020, a permis, semble-t-il, une réduction du déficit chronique de la balance commerciale du fait de la maitrise de la facture des importations et d’une meilleure contribution des exportations hors hydrocarbures. Le Premier ministre, ministre des Finances, Aïmene Benabderrahmane, a indiqué, lundi, en marge de l’ouverture de la foire de la production algérienne, que la balance commerciale a enregistré un excédent d’1,04 milliard de dollars à fin novembre dernier. Cet excédent reflète en premier lieu, selon le Premier ministre, l’augmentation des exportations hors hydrocarbures à 4,5 milliards de dollars, parallèlement aux mesures de maitrise et de rationalisation des importations.