Par Bouzid Chalabi
Canicule aidant, on ne compte plus, ces derniers jours, le nombre de champs de blé ravagés par le feu. C’est d’autant plus alarmant que ces sinistres interviennent en pleine campagne de moissons-battage qui bat son plein actuellement.
Face à cette situation, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural a instruit les Directions des services agricoles de wilaya à vocation céréalière de freiner quelque peu, par mesure de prudence, le rythme des moissons dès lors où il s’est avéré que les moissonneuses-batteuses sont très souvent à l’origine de départ de feu. Lorsqu’elles sont en action elles «provoquent des étincelles qui se transforment vite en flamme du fait que la chaume est très sèche et donc très inflammable», a-t-on appris du côté des services du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, chargés du suivi de la campagne moissons-battage actuelle. Toujours dans ce même sillage, on nous fait savoir que les directeurs des services agricoles ont été sommés de rappeler aux céréaliculteurs d’être très vigilants et entre autres de disposer de moyens de lutte d’urgence en cas de départ de feu. Ces derniers n’en sont pas moins conscients de l’impératif d’être vigilants sur le terrain car ils peuvent voir tout le labeur et l’argent consentis pour mener à terme leur campagne céréalière partir en fumée à leur grand désappointement.
Des céréaliers que Reporters a pu joindre par téléphone se rejoignent à dire que «depuis que les moissonneuses-batteuses sont en action sur nos champs nous sommes sur le qui-vive et ne pas sous-estimer le risque d’un départ de feu. Preuve en est, certains d’entre nous, par mesure de prudence, ont dédoublé le nombre de bouteilles anti-feux afin de pouvoir très vite maîtriser un départ de feu que nous redoutons dans la mesure où cela devient synonyme pour nous de grosse perte d’argent, pis encore, de ne pas pouvoir honorer nos dettes contractées pour mener campagne».
Cela dit et pour revenir à la campagne moissons-battage, nous avons tenté de récolter quelques bribes d’information sur l’état d’avancement de la campagne et d’avoir une idée sur les rendements réalisés. C’était peine perdue, rien n’a filtré. «Nous avons reçu instruction de ne rien dire sur le sujet jusqu’à ce que nous en recevions l’aval», nous a-t-on confié confié.