Le ministre des Transports et des Travaux publics, Abdelghani Zaâlane, semble avoir cédé aux pressions des syndicats et associations représentant différents transporteurs qui réclamaient une augmentation des tarifs de transports. Il a indiqué, jeudi dernier, depuis Mostaganem où il a effectué une visite de travail, qu’il y aura une «augmentation symbolique» des prix.

Le ministre a fait savoir que cette hausse décidée en concert et en coordination avec des représentants des transporteurs (taxis, transport urbain, interwilayas) «n’est pas exorbitante» et est «presque symbolique». Et de détailler que les décisions portant sur la tarification du transport public respectent le pouvoir d’achat des citoyens, d’une part, et l’intérêt et revendications des transporteurs, comme les coûts de la maintenance et du carburant, d’autre part. Il est clair que la révision à la hausse des tarifs des transports est la conséquence directe du relèvement des prix à la pompe décidé dans le cadre de la loi de finances pour 2018. En effet, le texte de loi prévoit une majoration de la taxe sur les produits pétroliers (TPP) directement applicable sur les carburants. En chiffres, les augmentations de la TPP en 2018 seront de 14 DA/litre pour l’essence super et sans plomb, de 13 DA/litre pour l’essence normale et de 4 DA pour le gasoil. Cette taxe se répercute sur les prix finaux à la pompe. Et c’est l’Autorité de régulation des hydrocarbures (ARH), un organisme relevant du ministère de l’Energie, qui veille à l’application des nouveaux tarifs. D’ailleurs, elle vient de rendre public un communiqué précisant les nouveaux prix TTC des carburants à partir du 1er janvier à 00h00 en application de l’article 33 de la loi de finances pour 2018. Ainsi, le prix de l’essence normale sera de 38,95 DA/litre (contre 32,69 DA en 2017), celui de l’essence super de 41,97 Da/litre (contre 35,72 DA en 2017) et celui de l’essence sans plomb de 41,62 DA/litre (contre 35,33 DA). Le prix du gas-oil passera à 23,06 DA/litre (contre 20,42 DA en 21017). Celui du GPL-c restera, quant à lui, comme en 2017 à 9 DA/litre. Le gouvernement escompte de l’augmentation de la TPP des recettes supplémentaires de plus de 60 milliards de dinars en 2018. Il l’a notamment justifiée par la nécessité de rationaliser la consommation de carburants, de réduire leurs importations et d’augmenter les recettes fiscales.
En 2017, l’Exécutif avait également introduit dans la loi de finances 2017, un relèvement de la TPP et qui avait fait augmenter les prix à la pompe. Est-ce pour autant que les tarifs des transports aient été revus à la hausse ? Pas du tout. Les représentants des transporteurs de voyageurs avaient demandé une augmentation des prix. Mais ils ne l’ont pas obtenue. Ils avaient organisé plusieurs réunions avec des représentants du ministère des Transports et des Travaux publics pour en discuter. On s’en souvient, les deux parties avaient convenu au final du maintien des tarifs de transport terrestre de voyageurs, sous condition de mettre en place des mesures de compensation. Le ministère des Transports avait en fin de compte réussi à convaincre ses interlocuteurs de maintenir la tarification, tout en s’engageant à geler l’octroi de nouvelles lignes privées de transport terrestre collectif de voyageurs, urbain et interwilayas.
Le syndicat du transport avait également réussi à arracher plusieurs autres facilitations comme l’affichage de la publicité sur les taxis, une réduction des impôts forfaitaires, des aides étatiques pour équiper les taxis de kit GPL ainsi que des facilitations pour l’acquisition de véhicules neufs fabriqués localement.