Par Hamid Bellagha
Si le virus du Covid-19 a eu peu d’impact sur l’Afrique, celui du terrorisme n’est plus rampant, mais plutôt galopant eu égard à la vitesse à laquelle il se développe sur le continent.
Les différentes unions entre Etats touchés par ce fléau mondial n’ont jamais fait long feu, comme en témoigne «la dérobade» du Mali du regroupement du G5.
Le sommet panafricain sur les crises humanitaires, le terrorisme et les «changements inconstitutionnels» s’est achevé, samedi 28 mai 2022, sans sentences ni décisions à signaler. Mieux ou pire, c’est selon, aucun texte officiel n’a été proclamé à la sortie de ce rendez-vous. Absence aussi d’une cérémonie et de discours de clôture prouvant que les Etats de l’Union africaine (UA) n’ont pas les mêmes décryptages des thèmes et dossiers approchés, avec comme cerise sur le gâteau, la carence d’un accord en fin des travaux, comme pratiquement à chaque retrouvaille des pays africains.
L’Algérie qui essaye à chaque rencontre entre pays africain de donner la priorité à une union africaine, une vraie, loin de toutes les tendances qui se dessinent contre l’intérêt du continent, représentée par le chef de la diplomatie Ramtane Lamamra, a défendu l’établissement d’une «liste africaine» des groupes terroristes et l’instauration d’un «mandat d’arrêt» continental contre les personnes reconnues coupables d’actes terroristes. Des pays comme le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Nigéria, le Cameroun et à un degré moindre le Bénin, le Ghana, le Togo et la Côte d’Ivoire sont confrontés depuis plus d’une décade à une détérioration de leur situation sécuritaire, mais les unions entre ces pays ravagés par le terrorisme, djihadiste entre autres, se font et se défont au gré de l’humeur des uns et des autres, sur un air de coups d’Etat qui se sont multipliés ces dernières années. Des juntes militaires qui renversent un despote et le font remplacer par un autre, une musique que l’on pensait proscrite, mais qui revient en force en Afrique, ne contribue en rien à la stabilité du continent noir.
Pas étonnant donc qu’à chaque rencontre africaine des dissensions réapparaissent et remettent au goût du jour «les protections» dont jouissent certains dirigeants africains de la part d’un néo colonialisme plus féroce encore que son géniteur.
En plus, la crise ukrainienne n’est pas faite pour arranger les choses. Les Etats africains étant divisés sur la question, en fonction de leur «affiliation», des dommages collatéraux sont attendus prochainement et s’annoncent très violents.