La crise libyenne semble s’éterniser et ne donne pas beaucoup de signes encourageants pour un début de règlement. L’Italie tente de peser de son poids d’ancienne puissance coloniale, afin de pousser vers un accord minimal pour pouvoir permettre à un processus politique crédible de voir le jour.

Ou du moins impulser un électrochoc au processus existant pour le remettre en branle. A Palerme, il sera justement question d’encourager ce processus inclusif inter-libyen auquel adhèrent d’autres acteurs comme l’Algérie. Il devient de fait, au vu de la situation sur le terrain, impératif pour les autres acteurs de travailler conjointement dans ce sens et ne point multiplier les initiatives qui ne font que brouiller celles déjà existantes. Pour certains observateurs, l’antagonisme entre les acteurs externes ne fait que nuire au règlement de la crise et compliquer le rapprochement entre acteurs libyens. La situation de blocage actuelle ne serait que le résultat de ces manœuvres brumeuses. L’une des conséquences néfastes de la rivalité entre Rome et Paris sur l’épineux dossier libyen pourrait bien donner lieu à des initiatives jugées ponctuelles sans effet réel, sauf à polariser davantage la scène politique déjà assez complexe. Les acteurs libyens qui en sont conscients pourraient bien exploiter ce clivage entre les deux puissances agissantes pour davantage de durcissement de positions, pourtant appelées à plus d’ouverture. Pour les sceptiques, cette conférence de Palerme est davantage voulue pour servir de contrepoids à la réunion de Paris plutôt que de résoudre l’impasse politique. De nombreux analystes imputent, en effet, la poursuite de la crise aux rivalités entre divers pays occidentaux et même arabes aux intérêts divergents. Loin de cadrer avec ceux du peuple libyen, véritable victime de ce pourrissement qui se pérennise. Il est évident que la Libye d’aujourd’hui a besoin, plus que jamais, de consensus entre les acteurs sur la nécessité de stabiliser un pays dont la fragilité n’arrange personne dans la région. Ce consensus, toujours difficile à trouver, reste pourtant la seule alternative pour aider la Libye à traverser une crise, produit d’un « printemps arabe » destructeur