Le président de la République a présidé, hier, la cérémonie d’installation des membres du Conseil national de la jeunesse (CSJ) au cours de laquelle il a prononcé un discours «mobilisateur» envers la jeunesse, appelée à «prendre de hauts postes de responsabilité» dans divers secteurs, évoquant des «ruptures» dans l’exercice du pouvoir depuis la «neutralisation» de l’argent sale et son éloignement du jeu politique et électoral.PAR NAZIM BRAHIMI
«Nous sommes devant une réalité qui nous dicte une rupture avec les pratiques du pouvoir qui a généré le divorce entre le citoyen et tout ce qui symbolise l’Etat et l’autorité», a-t-il affirmé, considérant que l’installation du CSJ après celles d’autres organismes, représente un «acquis» dans l’implication de la jeunesse dans les affaires publiques du pays.
Il a mis en avant, par la même occasion, le rôle que pourraient accomplir les jeunes Algériens dans «la consolidation de la cohésion nationale et le renforcement du front interne» afin de relever «les défis régionaux difficiles et les enjeux internationaux complexes». Evoquant une conjoncture qui requiert «la conjugaison des efforts des cadres et des obédiences, toutes appartenances confondues, pour la consolidation de la cohésion nationale et le renforcement du front interne face aux défis régionaux et enjeux internationaux complexes», le chef de l’Etat a souligné qu’il mise «en toute confiance sur notre jeunesse à travers laquelle l’Algérie fraye son chemin vers davantage de progrès et de prospérité».
L’installation de cette instance constitue «la dernière étape du processus que nous avons entamé ensemble pour honorer les engagements pris devant le peuple», a-t-il dit, rappelant que ce processus a été amorcé «par une révision profonde de la Constitution en novembre 2020, en passant par des élections législatives, puis locales, ayant permis la mise en place d’une Assemblée populaire nationale (APN) et l’élection de nouvelles Assemblées populaires communales et de wilaya (APC, APW), avec une nouvelle logique électorale et d’une intégrité irréprochable, loin de l’argent sale».
Ce processus a permis également de «renouveler et d’installer les autres institutions et instances constitutionnelles, à leur tête la Cour constitutionnelle et l’Observatoire national de la société civile», a-t-il ajouté, soulignant que l’installation de ces institutions «consacre le changement profond à la tête des nouvelles instances constitutionnelles». Ces institutions, a ajouté le Président Tebboune, «doivent se démarquer des pratiques ayant entravé leur fonctionnement par le passé et entamé leur crédibilité, mais aussi de celles ayant semé doute et suspicion auprès des citoyens, du fait des dérapages qui ont déstabilisé la confiance entre les institutions nationales et terni l’image de l’Etat en général».
L’installation du Conseil supérieur de la jeunesse se veut «un point de départ pour les jeunes qui leur permettra, a-t-il dit, d’intégrer la nouvelle dynamique dans laquelle s’est engagée le pays». Le CSJ, organe consultatif placé auprès du président de la République, est constitué de 348 membres dont 232 élus au titre de la représentation des jeunes des wilayas. Cette répartition tient compte de la parité homme-femme.
Son président, Mustapha Hidaoui, a occupé plusieurs postes de responsabilité, le dernier en date celui de cadre dirigeant à l’Office national du hadj et de la omra (ONPO), en sus de ses activités aux associations culturelles et de jeunesse locales et les initiatives socio-économiques.
Né en 1982 à Adgha (Adrar), M. Hidaoui, qui a obtenu sa licence en sciences de l’information et de la communication, en 2005, poursuit des études en magistère journalisme. Le président du Conseil était directeur commercial puis gérant d’une entreprise privée (2010-2015) avant d’être sous-directeur de l’information et la documentation à l’ONPO (2015-2019). Il a occupé, ensuite, le poste de directeur des études, de documentation, de communication du réseau et des logiciels au sein du même Office.
En 2021, il a occupé le poste de cadre dirigeant à l’ONPO puis porte-parole de cette institution jusqu’à sa nomination, le 14 juin courant à la tête du CSJ, un organe créé en vertu d’un décret présidentiel daté du 27 octobre 2021, conformément aux dispositions de la Constitution de 2020. n