Le Conseil national du RCD, en tenant sa sixième session, a encore réitéré sa position envers le pouvoir actuel et paraphe, si besoin est, de son rejet, dans le fond et dans la forme, de «l’impasse politique de la façade civile imposée par les tenants du système qui peut ouvrir la voie à tous les dérapages graves».
On n’en attendait pas moins du parti cher à Saïd Sadi, surtout si l’on sait que la wilaya d’Alger a interdit la tenue desdits travaux pour cause de pandémie de la Covid-19. La wilaya d’Alger, dans un communiqué rendu public vendredi justifie, en effet, son refus par «l’organisation des rassemblements publics dans les conditions sanitaires actuelles est soumise à des mesures de prévention dans le cadre d’un protocole sanitaire spécial, garantissant la protection des participants contre le coronavirus».
«La demande introduite par le parti pour la tenue d’un rassemblement public a été refusée, car portant sur la participation de près de 250 personnes en sus des chargés de la couverture médiatique, au niveau d’une salle ne pouvant accueillir que 200 personnes dans le respect des mesures préventives devant être respectées pour prévenir la propagation de la Covid-19».
Parallèlement, et pour rappel, le FLN a tenu il y a quelques semaines son congrès avec l’avènement d’un nouveau chef, sans qu’il n’y ait eu d’entraves de cette même administration. Sans doute que la salle était plus vaste… Le président du RCD, Mohcine Belabbas, et député du même parti à l’Hémicycle Zighoud-Youcef, et comme mentionné dans le communiqué de la sixième session, estime légitime de s’interroger quand «une équipe gouvernementale ne mesure pas la portée d’endosser l’interdiction d’une réunion d’un parti légal, dont les militants siègent au Parlement et dirigent de nombreuses assemblées élues». Mohcine Belabbas s’estime aussi «persécuté» par le pouvoir et croit qu’une cabale a été lancée contre lui, car le ministre de la Justice a demandé pour la seconde fois la levée de son immunité parlementaire. La cause serait une enquête concernant un travailleur journalier, non déclaré, décédé sur le chantier d’une maison que le président du RCD construit. Un décès passé sous silence, d‘après les prémices de l’enquête embryonnaire.
Revenant sur l’actualité, le communiqué de la sixième session du RCD, faisant allusion à Khaled Drareni, sans le nommer, en déclarant que «le peuple algérien a un aperçu des dégâts occasionnés par une gestion nocturne arrosée, l’histoire nous révélera, bientôt, au miracle de quelle sauce des journalistes deviennent des khbardjia et d’authentiques patriotes sont transformés en parias de la «nouvelle Algérie.»
Ce même RCD fait le parallèle entre le Hirak, le 1er Novembre, la Soummam, l’insurrection citoyenne, et que cette dernière n’est pas «une demande de reformes» et émet un appel du pied pour la reprise du même Hirak.
Le parti de Belabbas estime aussi que le Président et le Premier ministre font du neuf avec du vieux, en recrutant de «nouveaux clients issus des mêmes matrices et marginalisés à la fin du règne de Bouteflika», réaffirmant le droit à «l’exercice effectif de toutes les libertés individuelles et collectives dont le droit de réunion, de rassemblement et de manifestions», alors que le pouvoir pratique encore «la répression et l’instauration d’un état d’urgence contre toutes les libertés. Signe que cette politique ne peut être menée sans l’instrumentalisation des services de sécurité et de la justice pour faire taire toute voix discordante en semant la peur et la terreur».
Surfant encore, et comme tout le monde, sur la vague du 29 février 2019, le RCD en appelle «à la reprise du Hirak dans la perspective de la construction du rapport de force en faveur de la transition démocratique» et assure être «destinataire de nombreuses marques de solidarité», en décidant «de laisser ouverte la présente session de sa direction et appelle à l’unité et à la mobilisation dans l’action pacifique pour ouvrir la voie.»
Les prochains jours nous renseigneront un peu plus sur les intentions des uns et des autres.