C’est demain, vendredi, que s’ouvre le Conseil national du Rassemblement national démocratique (RND) à l’hôtel Ryad de Sidi Fredj d’Alger. Cette instance, convoquée en session extraordinaire par Azzedine Mihoubi, secrétaire général par intérim, devrait renseigner sur l’avenir de ce dernier à la tête du parti.

Son échec «cuisant» lors de la dernière présidentielle, en dépit des innombrables soutiens dont il a bénéficié, l’a mis en minorité au sein de sa formation politique. Beaucoup de voix se sont, en effet, élevées tant au sein du conseil national et même en dehors pour réclamer son départ pur et simple de la tête du parti. Conscient de son désaveu et informé d’une contestation de plus en plus importante le ciblant, Mihoubi a réagi en activant la commission de discipline et en convoquant quatre membres du conseil national. Il s’agit de Seddik Chihab, de la députée à l’émigration Amira Salim, de Hakim Berri et de Lyes Berchiche. Ces derniers avaient publiquement reproché à Mihoubi ses résultats lors de la dernière élection présidentielle, à l’issue de laquelle il s’est classé à la quatrième et avant-dernière place, en les qualifiant de «débâcle» et de «déroute», l’invitant de ce fait à démissionner pour sauver «ce qui peut l’être du parti». Dans ce cadre, il est utile de noter que les quatre cadres n’ont pas été intimidés par leur convocation par la commission de discipline. Ils ont, en effet, refusé d’obtempérer et de se présenter devant la commission en question car ne lui reconnaîssant aucune autorité au sein du parti. Pire, la députée Amira Salim a même claqué la porte du parti en signe de contestation, refusant, précise-t-elle, de travailler avec un secrétaire général par intérim «sans aucune légitimité». Face à cette situation, Mihoubi a refusé de voir grossir la contestation en invitant les membres du bureau national du parti à le soutenir à travers un communiqué dans lequel son score est qualifié de «saut qualitatif réussi, pour la première fois de son existence, par le RND». «Le parti, en participant à l’élection présidentielle avec son propre candidat et son programme électoral, qui a trouvé acceptation et un écho favorable auprès du peuple, lors de la campagne électorale animée par Azzedine Mihoubi, il s’agira pour les élus et les militants du parti de se liguer autour des instances réglementaires du parti pour sauvegarder sa stabilité et renforcer sa position», a plaidé le bureau national. Quoi qu’il en soit, son sort sera décidé ce vendredi à l’issue d’une explication des membres du conseil national, qui s’annonce selon nos sources, «musclée». «Nous avons décidé de nous exprimer clairement à propos de ce Mihoubi qui marginalise les militants et les cadres du parti et qui refuse de tirer les conséquences de son échec lors de la présidentielle en démissionnant», explique à Reporters un membre du conseil national du parti. Selon lui, Mihoubi «n’est qu’un intérimaire, il ne devrait pas traduire devant la commission de discipline des militants qui n’ont fait que le critiquer». «Le Hirak et le mouvement du 22 février dernier a libéré toute la société et a permis la libre parole. Et au RND, nous refusons de nous taire devant une situation qui risque de compromettre l’avenir de notre parti», note un autre membre du conseil national. Toutefois, Mihoubi bénéficie tout autant de soutiens qui plaident pour son maintien à la tête du parti jusqu’à la tenue du prochain congrès du parti.