Le Conseil national de l’énergie est présidé par le Président de la République. Il est composé du ministre de l’Energie, qui assure le secrétariat du Conseil et, notamment du ministre des Finances, du Gouverneur de la Banque d’Algérie et du délégué à la planification. Il est chargé d’élaborer un plan à long terme de préservation de la sécurité énergétique ou d’approvisionnement énergétique du pays à long terme, d’une stratégie énergétique à long terme, de concevoir un modèle de consommation énergétique rationnel et d’une stratégie de développement des énergies renouvelables à une échéance de 10, 20 à 50 ans et de toute autre question importante d’actualité.
Sur le dossier des ENR, il pourrait être le chef d’orchestre de la mise en œuvre d’une politique énergétique plus cohérente, de la mise en place progressive d’un mix énergétique moins fossile. Au lieu d’un éparpillement du dossier ENR autour de plusieurs structures budgétivores, tels le Haut-commissariat aux énergies renouvelables créé récemment. Ce Conseil, dont la cheville ouvrière pourrait être des tasks forces pluridisciplinaires, constitué d’experts nationaux indépendants et d’experts du ministère de l’Energie, de Sonatrach, Sonelgaz de l’Aprue et du CDER, et de spécialistes d’autres secteurs concernés, mettra fin à une situation où un dossier faisant appel au concours de plusieurs ministères est traité par un seul département et dont l’issue est le non-traitement d’une manière intersectorielle d’une problématique comme celui du modèle énergétique, parvenant en fin de compte à l’absence de mise en oeuvre de solutions adéquates sur le terrain. Ces tasks forces sont appelé à ouvrir une concertation avec les acteurs économiques et sociaux concernés.
Par ailleurs, plusieurs économistes ont appelé à l’examen par ce Conseil de divers questions telles que la sacralisation constitutionnelle de la priorisation de la couverture des besoins domestiques en énergie sur l’exportation – que devrait encourager le Conseil national de l’énergie, l’analyse et la réponse à des problématiques urgentes telles que les subventions aux produits énergétiques, l’efficacité énergétique, le financement du plan de développement des énergies renouvelables, l’émergence d’un éco-système dans les ENR, l’émergence d’une industrie des ENR, le pilotage sur le terrain du programme de développement des ENR, les retards dans les programmes de développement de gisements de Sonatrach, qui demandent une réponse à la fois intra et extra Sonatrach, la politique de recherche et développement dans la branche.
Ce Conseil, qui devait introduire plus de visibilité, plus de stabilité dans le secteur de l’énergie, et ce qui est essentiel, dans l’avancée de ce secteur stratégique, une vision long terme, a été gelé pendant plus de vingt ans. Résultat des courses, l’Algérie a perdu d’importants montants en devises, des parts de marchés à l’international. En l’occurrence, selon un site spécialisé, Sonatrach ne fait plus partie des 10 ou 20 premières compagnies pétrolières dans le monde. Elle se classe désormais à la trentième place ! Dans les énergies renouvelables, l’Algérie a perdu son rang parmi le Top 3 ou 4 des premiers producteurs d’ENR en Afrique. Enfin, le gaspillage de ressources énergétiques est énorme au détriment des générations futures.K. R.