Le dernier Conseil des ministres, qui s’est tenu dimanche, reste marqué comme les précédentes de l’empreinte de la double crise sanitaire et économique que vit le pays depuis plus d’un trimestre. Ses résolutions indiquent cependant une avancée sur de nombreux chantiers ouverts depuis mars-avril dernier et signalent également que des dossiers sont désormais bouclés.

Il en est ainsi du dossier relatif à la protection du personnel soignant qui vient d’être réglé par la création d’une police d’assurances «spéciale» contre les risques sanitaires en milieu professionnel ; et l’adoption d’un dispositif pénal de dissuasion et de sanction des actes de violence en milieu hospitalier. Fortement attendue, la première décision répond à une vieille revendication et un besoin ancien pour les médecins et les auxiliaires de santé d’un contrat d’assurance contre les risques de contamination. La seconde devrait avoir un effet de forte dissuasion sur toutes les personnes tentées par des actes de violence en milieu hospitalier. Le texte de loi adopté annonce des peines conséquentes contre quiconque agresse un médecin ou son assistant ou se retrouve coupable de destruction du bien public.
Le même constat est valable pour l’industrie en relation avec le montage et l’importation des véhicules, la production des équipements électroménagers et électroniques et des pièces de rechange. Ces segments d’activité sont désormais régis et encadrés par un cahier des charges qui balise le champ d’action des opérateurs concernés avec, cette garantie, de pouvoir travailler sur une échéance rassurante de dix années, afin d’en finir avec l’insécurité juridique fréquemment dénoncée par les investisseurs depuis une vingtaine d’années. Toujours en ce qui concerne le monde de l’entreprise, le Conseil des ministres a tenu la promesse du gel du paiement des charges financières et des obligations fiscales et parafiscales dues par les opérateurs impactés par la crise sanitaire. Sans aller dans le détail, car il est important, cet engagement répond en partie aux requêtes des associations patronales et aux think-tanks qui n’ont pas cessé d’alerter sur la gravité de la situation des entreprises concernées, c’est-à-dire la majorité d’entre elles. Ceci en attendant l’évaluation des préjudices pour les PME/PMI et les petits métiers dont les professionnels bénéficieront, après étude «rigoureuse», d’une aide financière de 30.000 dinars pendant un trimestre.
En ce qui concerne l’agriculture, si les dossiers annoncés comme importants par le gouvernement demeurent encore ouverts, les indications fournies par le Conseil des ministres indiquent une continuité comme d’accorder la priorité à la filière laitière, aux oléagineux, au maïs, aux produits sucriers, ainsi qu’à l’apiculture suivant un zonage et un découpage territorial notamment dans le sud sur lequel on attend davantage d’éclairages. Dans un délai d’un mois, le ministre de l’agriculture devra faire un point de situation sur les programmes et les découpages géographiques prévus. <