La crise de l’eau a constitué le second thème phare de la réunion. Le chef de l’Etat appelle au lancement, dans les plus brefs délais, des grandes usines de dessalement et à la définition d’une stratégie efficiente pour résoudre de manière définitive le déficit hydrique. Mais, en attendant, les consommateurs attendent des mesures urgentes pour dépasser cette grave pénurie d’eau.

Par Khaled Remouche
Le premier Conseil des ministres, tenu dimanche, sous le gouvernement d’Aymen Benabderahmane a été sanctionné par une série de décisions très fermes en vue d’endiguer la nouvelle vague de contaminations sans précédent depuis l’irruption du virus Corona en mars 2020. Il s’agit, en fait, d’un nouveau reconfinement partiel à domicile plus sévère, qui s’assimile à un retour en arrière de l’Algérie, c’est-à-dire à la période du début de la pandémie.
En effet, le «couvre-feu est fixé désormais de 20 heures au lendemain 6 heures». En un mot, de nouvelles restrictions imposées à la population en raison de graves manquements aux mesures barrières, enregistrées de manière massive à l’échelle de tout le pays. Ce sont pas moins de 35 wilayas qui sont touchées par le nouveau reconfinement, en particulier Alger, Tizi Ouzou, Boumerdès, Blida, Tipasa, Bouira, Béjaïa, Oran, Constantine, Sétif, Batna, Tlemcen, Sidi Bel Abbès, Biskra, Laghouat, Ouargla, Béchar, Adrar, Tindouf. Le transport urbain et ferroviaire ne sont, en outre, plus autorisés pendant les weekends. Et les restaurants, cafés, fast foods et marchands de glaces reviennent à une pratique généralisée au cours des premières vagues de contamination : leur activité est limitée à la vente à emporter. Les salles de sports, les salles omnisports, les maisons de jeunes, les centres culturels, les marchands de ventes de voitures d’occasion doivent de nouveau fermer dans ces 35 wilayas. A cela, s’ajoute une mesure qui ne fera sans doute pas plaisir aux estivants, la fermeture des plages et centres de détente. Tout cela s’assimile à une thérapie de choc pour surmonter cette nouvelle vague de contaminations la plus meurtrière depuis le début de la pandémie. Dans cette grisaille, il convient de retenir l’annonce par le Président de la République, au cours du Conseil des ministres, d’une augmentation légère des réserves de change, 44 milliards de dollars actuellement, contre 42 milliards fin 2020, 53 milliards de dollars fin 2019. Ce qui veut dire que selon cette annonce, on n’est plus dans le scénario de fonte des réserves de change et de déficit récurrent de la balance des paiements. Cette dernière, selon ces informations, enregistre un solde positif, actuellement, certes très léger. Il convient d’observer que la fonte des réserves de change a été quand même de 9 milliards de dollars entre fin 2019 et actuellement, soit en un an et demi. C’est le fruit d’une hausse importante des prix du baril mais, également, de la série de restrictions aux importations ainsi que d’une augmentation des exportations hors hydrocarbures. La situation financière du pays reste, cependant, toujours dépendante des fluctuations des prix du pétrole.
Par ailleurs, la situation de stress hydrique et de grave pénurie que connaît le pays a fait l’objet comme attendu des thèmes abordés lors de ce Conseil des ministres. Le Président de la République a ordonné le lancement, dans les plus brefs délais, des projets d’usines de dessalement prévus à l’Est, l’Ouest et le Centre. Cinq grandes usines d’une capacité de production chacune de 300 000 mètres cubes/jour. Il s’agit, face à cette situation de soif chronique, d’un redimensionnement du programme tracé auparavant et qui a connu un important retard : les usines étaient dimensionnées à 200 000 mètres cubes/jour. Le Président de la République veut secouer le cocotier. Les projets qui devaient être lancés ces dernières années, notamment celles situées dans la wilaya de Tipasa destinée à Alger, ont connu divers problèmes qu’une coordination intersectorielle aurait dû régler. Le chef de l’Etat, dans la foulée, a appelé à la définition d’une stratégie efficiente en vue de résoudre de manière définitive la crise de l’eau. Il a également ordonné de charger un bureau d’études ou une commission composée de cadres du secteur d’un audit des opérations de distribution et de consommation d’eau. Une instruction qui constitue un aveu que le secteur connaît des problèmes de gestion de distribution de l’eau et qui sont en partie responsables de l’exacerbation des difficultés d’accès de la population à l’eau potable. n