Le Conseil des ministres a tenu, lundi, une réunion présidée par le chef de l’Etat Abdelmadjid Tebboune, où il a été question des secteurs de l’Education nationale, de la Formation et de l’Enseignement professionnels et de la microentreprise, des start-up et de l’économie de la connaissance. Il a été également question de l’examen de la problématique de la sécurité routière et de l’adoption d’un plan d’urgence pour la relance du développement local dans les régions montagneuses, les Hauts-Plateaux, le Sud et les régions périphériques des grandes villes.

Actualité oblige, le Conseil des ministres a suivi un exposé présenté par le ministre de la Santé sur les dispositions prises pour la prévention contre le coronavirus et le placement en isolement sanitaire des ressortissants algériens rapatriés de Wuhan. Le Président de la République a ordonné le renforcement des dispositifs préventifs au niveau de tous les accès du pays.
Le ministre de l’Education a de son côté présenté un exposé sur la réalité de l’Ecole, caractérisée par un recul des filières mathématiques et math techniques et de l’enseignement technologique.
Le ministre a présenté une feuille de route pour l’amélioration de la qualité de l’enseignement et de la prise en charge des élèves à travers la mise en place d’une batterie de mesures d’urgence. Le ministère s’attellera, dans le cadre de ce plan, à la promotion des filières mathématiques et math techniques pour augmenter le taux d’accès à ces filières, estimé actuellement à 3,46%. Ce projet s’inscrit dans le cadre de la stratégie visant la réalisation d’un décollage économique nécessaire au développement.
Ce qui implique le lancement de la numérisation du secteur durant la période 2020-2022, la modernisation des outils de gestion administrative et comptable, l’adaptation de la formation professionnelle à l’environnement économique à travers la promotion de la formation continue.
Le Président a mis en avant l’impératif d’introduire de nouvelles matières en adéquation avec les besoins de l’économie nationale, à l’image de l’intelligence artificielle et de l’énergie solaire. Après avoir demandé l’approfondissement de l’étude sur le baccalauréat professionnel, afin qu’il apporte un plus qualitatif au système de formation, le Président a instruit la mise en place d’un baccalauréat professionnel artistique afin de combler le manque dans le domaine de la production culturelle.

Conseil national de l’innovation
Le ministre de la Microentreprise, des Start-up et de l’Economie de la connaissance a évoqué les perspectives du secteur ainsi que le projet de création du Conseil national de l’innovation. Durant le premier trimestre de l’année 2020, le ministère s’attellera à la mise en place des bases juridiques des instituts de transfert de technologies. La phase pilote devant être lancée dans deux universités à travers deux centres spécialisés dans les domaines de l’intelligence artificielle et de l’Internet. Sera mise en œuvre l’institution du cadre juridique, réglementaire et fonctionnel de la start-up et de la définition juridique de la start-up et de l’incubateur, à la détermination des voies et moyens d’évaluer leur performance, à l’élaboration d’une feuille de route pour le financement de ce type d’entreprises en impliquant la Bourse et le capital investissement. Le projet prévoit également la création de « la cité des start-up » qui constituera un centre de technologies multiservices à haute attractivité. Le ministère de la Microentreprise sera la locomotive de la nouvelle économie. Le Président a appelé tous les ministères à jouer le rôle d’incubateurs dans le cadre d’une instance pédagogique interministérielle (Education nationale, Enseignement supérieur et Recherche scientifique, et Formation et Enseignement professionnels). En outre, il a été procédé à l’élaboration d’un programme d’information au niveau de toutes les wilayas recensant les projets de proximité prioritaires, ce qui a permis d’arrêter un programme spécifique des besoins prioritaires exprimés par les wilayas. Il sera pris en charge sur la base d’un montage financier entre budget de l’Etat et Fonds de développement des Hauts-Plateaux et du Sud. Le Président a ordonné le transfert des Plans communaux de développement non encore réalisés en faveur des besoins réels des populations des communes.

Des mesures en matière de sécurité routière
La question de la sécurité routière considère les accidents de la circulation comme un problème psychologique et une problématique matérielle au vu de leurs répercussions négatives sur le psychique de la victime. Le ministre a indiqué, dans ce sens, que toutes les mesures préventives et dissuasives prises pour juguler ce phénomène ont montré leurs limites, d’où l’impératif de changements radicaux. Rappelant que le facteur humain demeure la cause principale de ces accidents dans 96% des cas, le ministre a proposé plusieurs mesures, dont le recensement en urgence des points noirs et l’entame immédiate des travaux de réaménagement nécessaires pour leur éradication, l’intensification des opérations de contrôle. Le Président a demandé la prise de mesures juridiques adéquates pour la criminalisation du comportement des conducteurs de bus de transport public et scolaire en cas de faute humaine par négligence, imprudence ou irresponsabilité. Ces mesures doivent concerner également les employeurs qui recrutent des conducteurs sans s’assurer, au préalable, de leur état de santé psychologique et psychiatrique et de leur parcours professionnel.<