Davantage de coordination dans l’action du Gouvernement et contact direct avec les citoyens afin de gagner leur confiance, tel semble l’objectif affirmé par le président de la République.

Abdelmadjid Tebboune, lors du dernier Conseil des ministres. Car «les bonnes intentions ne suffisent pas pour maintenir la confiance du citoyen, si elles ne sont pas concrétisées sur le terrain». Réaffirmant son opposition à l’endettement extérieur par souci «de préserver la dignité et la souveraineté nationale», le Président a appelé à plus de persévérance et de rigueur dans la gestion et la réduction des importations pour préserver les réserves de change et de tirer profit de la crise économique actuelle, notamment dans certains pays développés, pour acquérir «des usines d’occasion en bon état, à des prix accessibles et rentables dans l’immédiat». La nouvelle approche de l’action gouvernementale repose sur la remobilisation des moyens existants en associant les partenaires publics et privés, dans l’amplification des actions à partir des pôles d’excellence des filières des productions halieutiques. Ce programme devrait permettre de porter le niveau des productions halieutiques à 166 000 tonnes, de créer 30 000 nouveaux emplois, de mettre au point un système productif halieutique construit avec des moyens produits localement et de lancer un vaste programme de développement de l’aquaculture marine et continentale. Il s’agit également de renforcer la formation qualifiante, de faciliter l’accès des investisseurs au foncier, d’assurer un environnement économique débureaucratisé à travers la mise en place d’écosystèmes entrepreneuriaux permettant la prise en charge sociale des marins, ainsi que le développement d’une capacité nationale de pêche au grand large.

S’affranchir des pratiques bureaucratiques
Le Président a rappelé que la satisfaction des besoins du citoyen était au cœur du programme du Gouvernement, d’où l’idée de créer un ministère dédié exclusivement à la pêche et aux produits halieutiques. Le secteur de la pêche est ainsi appelé à contribuer à la diversification des sources de revenus nationales en assurant l’autosuffisance et l’exportation, «d’autant que l’Algérie possède une importante façade maritime qui la qualifie à l’édification d’une industrie de la pêche en sortant des méthodes classiques suivies actuellement pour augmenter la consommation de protéines par habitant, réduire l’importation des poissons, voire même des viandes rouges, ce qui profitera au Trésor public». Il sera appelé à cet effet à s’affranchir des pratiques bureaucratiques qui limitent l’ambition du secteur, comme la nécessité pour les pêcheurs de s’organiser en coopératives et l’exploitation de la haute mer «par le recours à une flotte nationale dirigée par des cadres algériens formés par des pays leaders en la matière». Le Président a ordonné de développer la flotte maritime pour être en mesure de prendre en charge totalement le transport des marchandises, afin de réaliser des économies en devises, d’éviter la surfacturation. La priorité dans l’octroi des contrats de maintenance devrait désormais être accordée aux nationaux, certains contrats signés avec des parties étrangères pour de longues durées ne prévoyant pas de transfert technologique. Priorité à intégrer l’intelligence nationale et réduire graduellement la dépendance vis-à-vis des prestations étrangères : «Même si certains bureaux d’études locaux n’atteignent pas le niveau international, il faudrait les soutenir et les encourager à diversifier leurs spécialités et à s’organiser en coopératives».

Se passer des bureaux d’études étrangers
Afin de réduire la facture d’importation des carburants, du fer et de l’acier et des matières plastiques, il y a lieu d’élaborer une base de données des matières brutes et produits semi-industrialisés sur le marché international. Il a été décidé de se passer des bureaux d’études étrangers lorsque l’expérience locale peut répondre à ce besoin. Aussi de renforcer la coordination avec les secteurs concernés par le dossier du fret maritime de et vers l’Algérie, et d’évacuer les opérateurs étrangers des ports secs algériens. Ces mesures permettront de réduire la facture d’importation à hauteur de 6 milliards de dollars. Tebboune rappellera la nécessité d’accélérer la mise en œuvre du plan industriel proposé dans le cadre d’un développement national équilibré, «afin que le citoyen puisse ressentir sur le terrain un véritable début de changement en adéquation avec ses ambitions et aspirations». Il a en outre ordonné de prendre un certain nombre de mesures, dont le recours à des compétences qualifiées en matière de gestion, tout en évitant les intermédiaires dans l’importation des matières brutes, et le parachèvement dans les plus brefs délais de l’élaboration des cahiers des charges pour l’importation de tous les véhicules neufs, tous types confondus. Il a été exigé que l’importation de ces véhicules soit en provenance de pays avec lequel l’Algérie «partage des intérêts communs clairs» et que l’importateur soit spécialisé en la matière et remplisse toutes les garanties de protection de l’économie nationale. Toujours dans le souci de réduire la facture d’importation et rendre disponible les matières premières brutes nécessaires à la production des denrées de large consommation.

Protéger la production agricole
Dans le secteur de l’agriculture, il sera question de la situation des importations des produits agricoles et les mesures prises pour protéger la production agricole nationale. Parmi les mesures proposées, élargir la liste des produits soumis au Droit additionnel provisoire de sauvegarde (DAPS), soumettre l’activité d’importation au principe de spécialisation et de souscription au cahier des charges, numériser le commerce extérieur et le fichier national des industries agricoles. Le Président a ordonné l’interdiction totale de l’importation des produits agricoles pendant la saison de cueillette et ce, afin de protéger la production nationale, ainsi que le durcissement du contrôle sur les fruits importés pour éviter la surfacturation et s’assurer de la qualité du produit. Il s’agit de réduire la facture d’importation sans provoquer de pénurie sur le marché. Enfin, le Président a enjoint le ministre de la Santé de durcir le contrôle sanitaire à travers le territoire national et de se déplacer, si nécessaire, en vue de s’enquérir de la situation sur place dans le but de pallier les besoins qui pourraient être provoqués par un manquement inadmissible d’un hôpital donné, ou un manque en équipements médicaux. Le durcissement du contrôle dans certains hôpitaux en surcharge et où des cas de patients non pris en charge seraient de fait signalés. Un avion a été mis à la disposition du ministre de la Santé en vue de ses déplacements à tout moment sur les lieux. <