Mardi dernier, les Etats-Unis ont à nouveau apporté la preuve de leur soutien total à Israël et à sa politique vis-à-vis des Palestiniens. En effet, ils ont annoncé leur retrait du Conseil des droits de l’homme de l’ONU et accusé cette institution basée à Genève d’«hypocrisie» et de parti pris contre Israël.

«Nous prenons cette mesure parce que notre engagement ne nous permet pas de continuer à faire partie d’une organisation hypocrite et servant ses propres intérêts, qui fait des droits de l’homme un sujet de moquerie», a lancé devant la presse à Washington l’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley, aux côtés du secrétaire d’Etat Mike Pompeo. «Pendant trop longtemps, le Conseil des droits de l’homme a protégé les auteurs de violations des droits de l’homme et a été un cloaque de partis pris politiques», a-t-elle ajouté. Cette annonce, relèvent les observateurs, intervient au lendemain de vives critiques du Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Zeid Ra’ad Al Hussein contre la politique «inadmissible» et «cruelle» des autorités américaines de séparation d’enfants de leurs parents sans-papiers à la frontière mexicaine.
Nikki Haley et Mike Pompeo, eux, ont assuré que la décision était liée à l’échec des tentatives de réforme du CDH. «Malheureusement, il est maintenant clair que notre appel à la réforme n’a pas été entendu», a dit Mme Haley dont l’affection, comme celle de l’Administration Trump pour l’Etat d’Israël, n’est plus à démontrer. Aux yeux des Etats Unis, les rapports du CDH «ne sont pas équitables». Le fait qu’Israël soit le seul pays au monde ayant un point fixe (appelé point 7) à l’ordre du jour de chaque session, soit trois fois par an, provoque leur colère. Washington, dont le mandat au Conseil s’achevait en principe en 2019, avait aussi réclamé que l’exclusion des Etats membres commettant de graves violations des droits de l’homme soit votée à la majorité simple et non aux deux tiers, et que le processus de sélection des Etats membres soit renforcé. «Les pays (membres) se sont entendus pour saper la méthode actuelle de sélection des membres», a déclaré M. Pompeo. «Et le biais continu et bien documenté du Conseil contre Israël est inadmissible. Depuis sa création, (en 2006 ndlr) le Conseil a adopté plus de résolutions condamnant Israël que contre le reste du monde», a-t-il ajouté. L’ambassadeur d’Israël à l’ONU Danny Danon s’est réjoui de ce retrait et a remercié les Etats-Unis pour leur refus «de la haine aveugle à l’égard d’Israël dans les institutions internationales». Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a dit, selon son porte-parole, qu’il «aurait préféré que les Etats-Unis restent au Conseil des droits de l’homme». Plus directe, l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) a vivement critiqué le choix de Washington. Le CDH a «joué un rôle important dans des pays comme la Corée du Nord, la Syrie, la Birmanie et le Soudan du Sud», a dit le patron de l’ONG Kenneth Roth. «Mais Donald Trump n’est intéressé que par la défense d’Israël», a-t-il dénoncé. Le Conseil «est loin d’être parfait, mais il est une force importante pour la reddition de comptes et la justice. En se retirant, les Etats-Unis sapent délibérément les droits de l’homme de tous les peuples partout dans le monde et leurs luttes pour la justice», a de son côté critiqué Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International.
Depuis l’arrivée début 2017 du républicain Donald Trump à la Maison Blanche, les Etats-Unis se sont retirés de l’Unesco, ont coupé plusieurs financements à des organes de l’ONU et ont annoncé notamment leur retrait de l’accord de Paris sur le climat et de l’accord nucléaire avec l’Iran endossé par les Nations unies. Pour rappel également, le départ des Etats-Unis du Conseil des droits de l’homme n’est pas une première. Il y a douze ans, l’administration du républicain George W. Bush avait déjà boycotté le CDH, avant que le démocrate Barack Obama ne décide d’y faire participer son pays à nouveau.