Synthèse Salim Benour
La gestion des collectivités locales s’est invitée hier au débat des parlementaires du Conseil de la Nation (Sénat) sur le programme d’action du gouvernement Benabderrahmane. Deux sénateurs RND, Hamid Bouzekri et Abdelkader Moulkhaloua, ont, en effet, exhorté l’Exécutif à réviser les codes communal et de wilaya. Les deux parlementaires considèrent que de nombreuses dispositions des codes actuels n’aident pas les élus locaux à l’initiative de mieux gérer les besoins et le développement de leurs circonscriptions.
Hamid Bouzekri (RND) a appelé à ouvrir un large débat pour réviser les textes de loi au service du développement local et des intérêts des citoyens. Il a également jugé impératif de revoir les sources de financement des collectivités locales et de leur permettre de percevoir les impôts au niveau local pour mener à bien leurs missions en matière de développement. Son collègue de parti, Abdelkader Moulkhaloua, a appelé à accélérer la révision des codes afin que l’élu local devienne une force de proposition et d’exécution.
Le sénateur FLN Abdelhakim Tamraoui a, quant à lui, salué la décision du chef de l’Etat Abdelmadjid Tebboune de dépénaliser l’acte de gestion aux fins d’encourager les initiatives individuelles et collectives, appelant à « l’appliquer sur le terrain et à libérer les élus des contraintes et des lois empêchant d’accomplir pleinement leurs missions ». Son collègue du même parti Abdelwahab Benzaim a jugé que « l’Algérie est dans une situation critique induite par la hausse des besoins » mettant l’accent sur la nécessité d’« assurer le suivi périodique des projets de développement dans les différentes wilayas ».
L’intervention de ces parlementaires de partis qui contrôlent un nombre important de communes dans le pays n’est pas sans rappeler que le pays est à la veille des élections locales du 27 novembre prochain, une période propice aux discours de campagne sur la gestion des APC. Elle n’est pas sans occulter non plus les préoccupantes déficiences qu’ont les Assemblées élues à l’échelle des communes et des wilayas à répondre aux besoins de leurs populations en matière d’équipements et de service public. Les scènes désolantes qui ont été vues hier après les fortes précipitations de la matinée dans plusieurs localités d’Alger et d’autres régions ont rappelé combien la qualité des travaux d’aménagement routiers et de voirie ainsi que la préparation aux intempéries font défaut.