Le Conseil de la concurrence a organisé, hier, une journée d’étude à Alger ayant pour thème « Le rôle de la concurrence dans la protection du pouvoir d’achat, la préservation et la création d’emploi ».

A cette occasion, nombre d’experts et membres du Conseil ont présenté différents aspects liés à l’impact de la concurrence sur le contexte économique et social.
« C’est un sujet qui a fait l’objet de nombreuses recherches menées sous l’égide de la Cnuced, et nous prenons en considération ces résultats en appliquant ceux qui sont en accord avec le contexte national », explique Amara Zitouni, le président du Conseil de la concurrence. Des études qui affirment, selon le même responsable, que le pays qui jouit d’une concurrence efficace et qui possède des institutions qui régulent le marché préserve le pouvoir d’achat de ses citoyens, permet la création de richesse et la préservation d’emplois. « Contrairement aux idées reçues, la concurrence n’est pas une menace pour les emplois, même si elle en supprime, elle en crée ailleurs avec une meilleure plus-value pour l’économie nationale », affirme M. Zitouni, rappelant la nécessité de booster la compétitivité des entreprises nationales à l’heure de la diversification économique.
Pour nombre d’experts et membres du Conseil de la concurrence, « la culture de la concurrence est absente en Algérie », rappelant l’absence pendant plusieurs années du Conseil de la concurrence de la scène nationale. « Sa relance en 2013 nous a incités à entreprendre des campagnes de sensibilisation sur les bienfaits de la concurrence pour l’ensemble des entreprises publiques ou privées », indique Amara Zitouni.
Concernant les secteurs les plus exposés à la concurrence déloyale et les cartels, le président du Conseil de la concurrence cite plusieurs secteurs « qui ne sont pas spécifiques à l’Algérie mais communs à beaucoup de pays dans le monde ».
« Je vous cite de manière non exhaustive quelques secteurs : les matériaux de construction, les produits pharmaceutiques, la téléphonie mobile, les fruits et légumes, les viandes et même pour certains pays, il a pu y avoir des cartels sur le pain », indique Amara Zitouni, expliquant, qu’en général, il a pu y avoir des cas de suspicion ou de collusion pour fausser les prix, limiter les offres et même jouer sur la qualité.
A noter que le Conseil de la concurrence réalise actuellement une étude sur le marché du médicament qui doit être livrée début 2018,  « car c’est un secteur qui peut être exposé aux spéculations », explique-t-on. Quant à la question de l’informel et la spéculation sur les prix  qui en découle, les intervenants ont indiqué qu’il s’agit-là d’une  question délicate.
Le danger pour l’Algérie, tout comme pour le reste des pays arabes, où le commerce informel est très développé, est que le contrôle strict des acteurs qui travaillent dans la transparence peut à un moment favoriser l’informel, avancent-ils. « C’est donc une question délicate et à double tranchant ».