«La sagesse et le sens des responsabilités recommandent de renforcer les forces de la nation et donc du front interne. Ceci exige un arrêt de l’actuelle voie politique, économique et sociale en prenant des mesures d’urgence pour assécher les tensions sociales et politiques, ce qui suppose la libération de tous les médias…», a indiqué le Parti des travailleurs (PT) dans ce qui semble être une réponse à l’offre de «Rassemblement» de la présidence.

PAR NAZIM BRAHIMI
C’est ce qu’a relevé Louisa Hanoune dans le rapport politique d’ouverture de la première session ordinaire du Comité central issu du 8e congrès du parti, dans lequel elle est revenue davantage sur les questions socio-économiques dans un contexte marqué par le projet d’installation d’une commission nationale qui sera chargée de la réforme des subventions publiques.
Le PT a dressé, en effet, un tableau noir de la situation sociale du pays constatant l’explosion de la «misère» parmi de larges couches alors que celles moyennes s’enfoncent de plus en plus dans la pauvreté en conséquence de l’effondrement sans précédent et continu du pouvoir d’achat, la flambée démentielle des prix de tous les produits de large consommation, atteignant parfois les 100%, l’aggravation du chômage…
Il ne s’agit point de la première fois que Louisa Hanoune s’alarme de la situation socio-économique du pays allant jusqu’à «inviter» les ministres à descendre dans la rue pour constater de visu la «dégradation épouvantable» des conditions de vie des Algériens sur tous les plans, notamment sociaux.
Considérant qu’il «y a péril en la demeure» et que «l’immunité du pays est en train de partir en lambeaux», la cheffe du PT a réitéré une nouvelle fois son inquiétude, estimant que «l’orientation socio-économique du pays engendre une destruction du tissu social national qui aggrave la répression et l’atteinte des droits et libertés démocratiques, ce qui ouvre la voie à toute sorte de provocation, de chantage et d’ingérence étrangère…».
L’apaisement auquel appelle Louisa Hanoune a également son volet politique puisqu’elle considère «insensé», le maintien en prison de plus de 300 détenus d’opinion sur qui s’abattent «de lourds jugements» au lieu «d’œuvrer pour l’apaisement à travers leur libération». Autrement dit, le parti de Louisa Hanoune ne se reconnaît pas dans une démarche de rassemblement qui ne passerait pas par des mesures d’apaisement, que le même parti réclamait d’ailleurs chaque fois que «le contexte l’exigeait», selon sa première responsable, qui a souligné que son parti a été destinataire d’un courrier administratif de la part du ministère de l’Intérieur demandant au PT d’apporter des «précisions» et des «rajouts». Le PT a demandé par la suite de voir le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, a affirmé la patronne du PT.
Cette dernière est revenue par ailleurs sur l’invitation que le parti avait reçue la semaine passée pour prendre part à la cérémonie d’installation de la commission nationale des subventions publiques. Elle a déclaré à ce propos que le PT a décidé d’y aller pour exprimer sa position, connue de tous, à savoir le maintien les subventions de l’état aux produits et services de large consommation et les transferts sociaux, car ils font partie des principaux fondements de l’Etat social, produit de la Révolution de novembre 1954 et du sacrifice de 1,5 million de martyrs».
Il s’agit pour le parti trotskyste de prendre part à cette rencontre pour défendre le maintien des subventions de l’Etat dans une situation marquée par l’effondrement social généralisé sans précédent qui fait peser les plus grands dangers sur la cohésion nationale et donc la stabilité de pays». n