C’est officiel, deux candidats se disputent le poste de secrétaire général du Rassemblement national démocratique(RND). C’est du moins ce qu’a révélé, hier, la commission de préparation du congrès du parti prévu, pour rappel, les 18 et 19 mars prochain. Il s’agit de Azzedine Mihoubi, l’actuel secrétaire général par intérim du parti, et de Lyes Achour, sénateur de Blida et membre du conseil national du parti. En ce sens que Mihoubi aura un concurrent qui le talonnera lors du prochain congrès. Mais le sénateur de Blida est-il en mesure d’affronter Mihoubi, connu pour ses contacts et rompu au travail de coulisses ? Beaucoup estiment que la candidature de Lyes Achour n’est, en fait, que pour donner une façade démocratique au prochain congrès du parti. «Mihoubi exerce une véritable hégémonie sur le parti. Il a tissé un important réseau de fidèles au sein du conseil national, c’est lui-même en personne qui a mis en place la commission de préparation du congrès et qui a supervisé les congrès régionaux, soit par sa présence ou en déléguant un de ses soutiens, donc il a plus de chances de dominer le congrès. Alors que le sénateur de Blida n’a pas fait pour l’heure un quelconque travail de coulisses», expliquent nos sources. Il est utile d’expliquer à ce sujet que Mihoubi a, lors de sa candidature pour la présidentielle du 12 décembre dernier, constitué un noyau de membres du bureau national autour de lui et qui lui ont conseillé de changer le RND du tout au tout pour faire oublier sa proximité avec l’ancien secrétaire général du parti Ahmed Ouyahia. C’est dans cette optique d’ailleurs que Mihoubi a fait état récemment de l’élaboration d’«une nouvelle approche» pour le RND. Une approche qui sera dévoilée à la faveur du prochain congrès et qui reposera, essentiellement, sur «les compétences et la facilitation, en prévision des prochaines législatives, de l’adhésion des jeunes aux bureaux communaux et de wilaya en sus de la révision du discours du parti, voire de son mode de gestion, à travers l’introduction du numérique et des technologies de l’information et de la communication et l’ouverture sur tous les Algériens sans exclusive». Dans les faits, Mihoubi compte présenter «une nouvelle image» et «de nouvelles idées» pour se l’approprier, nous explique-t-on de bonnes sources. Mais Mihoubi n’a pas fait que cela pour s’adjuger le poste de secrétaire général du RND. Il a en effet évincé toute voix discordante et tout concurrent sérieux, à l’instar de Chihab Seddik et de Amira Salim, qu’il a exclus du parti. Lors d’une récente sortie publique, s’exprimant à propos de la situation actuelle du RND, M. Mihoubi a affirmé qu’il n’existe aucun mouvement de dissidence au sein du parti, soulignant que la question qui concerne quatre personnes uniquement est d’ordre purement «disciplinaire». «Ceux qui ont été exclus du parti n’ont pas le droit de parler au nom du RND», a-t-il cependant souligné. En ce sens que Mihoubi a les coudées franches pour accéder au perchoir de secrétaire général du parti et être le successeur officiel et pluripotent d’Ouyahia, actuellement détenu à la prison d’El Harrach.