Sans surprise, la liste conduite par l’ex-premier secrétaire du parti Ali Laskri a remporté la course pour l’instance présidentielle du Front des forces socialistes (FFS), lors du congrès extraordinaire tenu vendredi à la Mutuelle des travailleurs de matériaux de construction à Zéralda à Alger.

Avec 224 voix pour la liste gagnante contre 179 voix, le congrès extraordinaire s’est terminé hier dans le calme. Hormis quelques tensions pendant le déroulement de l’opération de vote et de dépouillement, aucun incident majeur n’est à signaler, nous a indiqué un cadre du parti qui s’est exprimé sous couvert de l’anonymat. La victoire de la liste d’Ali Laskri, composée en plus de ce dernier de Mohand Amokrane Chérifi, de Brahim Meziani, de Hayet Tayati et de Sofiane Cheoukh va ouvrir, selon notre interlocuteur, la voie à des changements profonds au sein de la formation politique de défunt Hocine Aït Ahmed. Ces changements toucheront à la ligne politique, la composante du secrétariat national, à la présidence du groupe parlementaire et même à la relation du parti avec la presse et les organisations de la société civile.
Le fait marquant de ce congrès est la défaite de ceux qui ont toujours fait la pluie et le beau temps au sein du plus vieux parti de l’opposition, en l’occurrence Karim Baloul et Aziz Baloul. Ces deux figures avaient jusqu’à la veille du congrès extraordinaire une influence dans la prise de décision au sein du FFS. Aucune décision importante ne se prenait sans leur aval. Ils avaient toujours le dernier mot sur les dossiers lourds du parti. Tous les premiers secrétaires du parti, qui ont tenté de résister à leur influence, ont été éjectés de leurs postes.  Conscients du poids de leurs adversaires, ces deux personnes qui forment, selon le jargon du FFS, le « cabinet noir », avaient voulu changer le cours du congrès en impliquant Jugurtha Aït Ahmed, le fils du fondateur du parti. Celui-ci a adressé, la veille du congrès, une lettre aux congressistes pour défendre clairement la solution proposée par Aziz Baloul, à savoir de fermer le jeu électoral en limitant l’élection à deux postes vacants au sein de l’instance présidentielle. Sa proposition a été rejetée par les congressistes qui ont opté pour une élection ouverte.

Le premier secrétaire maintenu
Tous les indices provenant de la maison FFS portent à croire que le premier secrétaire actuel du parti Mohamed Hadj Djilani sera maintenu dans son poste. L’absence de ce dernier dans liste conduite par Ali Laskri était l’indice fort que Mohamed Hadj Djilani préservera sa fonction actuelle. « Connu par sa proximité et son soutien à Ali Laskri, Mohamed Hadj Djilani préservera son doute son poste de premier secrétaire. L’instance présidentielle va annoncer cela incessamment », révèle notre source. Toutefois, des noms pourraient quitter le secrétariat national. « Les membres du secrétariat national, réputés pour être proches du cabinet noir, pourraient être  remplacés. Il est connu au FFS que Karim Baloul et Aziz Baloul désignent des personnes au secrétariat national », précise notre contact.

Le chef du groupe parlementaire dans le collimateur
Le chef du groupe parlementaire du FFS Chafaâ Bouaïche est dans le collimateur de l’instance présidentielle. Selon notre source, le remplacement de ce dernier par un autre député du parti est une question de temps. Ouvertement hostile à Ali Laskkri et sa liste, Bouaïche fait face déjà à une contestation de la base notamment dans sa wilaya Béjaïa. Des premiers secrétaires de section et des élus locaux se sont plaints de ses pratiques. A la fin du congrès, des militants du parti ont demandé sur les réseaux sociaux à la nouvelle instance présidentielle d’installer un nouveau président du groupe parlementaire.

Une nouvelle ère avec les partis et la presse
D’après nos informations, la nouvelle équipe compte revoir en profondeur les relations du FFS avec la presse, la classe politique et les organisations de la société civile. La politique d’isolement et de loup solitaire, suivie par la direction du parti depuis l’échec de son projet de consensus politique, sera abandonnée au profit d’une ouverture plus large envers les médias, la classe politique et les organisations de la société civile.