Cette échéance organique s’annonce décisive pour le «Front» qui, outre le fait que ses militants doivent se prononcer sur le sort à réserver à leur direction collégiale en cours depuis le décès en 2015 de leur leader et figure nationale historique Hocine Ait Ahmed, sont appelés à élire une direction capable d’en finir avec les crises qu’elle a connues depuis bientôt une décennie et de replacer favorablement le parti sur un échiquier politique en quête de nouveaux repères.

PAR NAZIM BRAHIMI
Week-end décisif pour le FFS, qui tiendra à partir d’aujourd’hui son sixième congrès national, dont les travaux débuteront de façon officielle demain vendredi. La journée d’aujourd’hui est consacrée à l’accueil et l’enregistrement des congressistes au nombre de 1 200 représentant 35 wilayas, selon les responsables du parti.
Placé sous le thème «un pacte historique pour le parachèvement du projet national», ce congrès intervient à un moment crucial dans la vie du parti, traversé par une succession de crises depuis dix ans, soit depuis le retrait de son fondateur, Hocine Aït Ahmed, décédé le 23 décembre 2015.
La disparition de ce dernier avait contraint le parti à opter pour une direction collégiale à travers une instance présidentielle (IP) qui semble avoir révélé ses limites ou son inadéquation à la vie organique du parti qui peine, depuis, à retrouver sa cohésion en dépit des efforts de «rassemblement» menés à différents moments de tension vécus.
C’est d’ailleurs l’enjeu de ce congrès qui va trancher le maintien ou l’abandon de la collégialité du pouvoir de décision au sein du Front des forces socialistes (FFS) exercé depuis le congrès de mai de 2013 par un présidium composé de 5 membres.
A ce propos, et bien que des membres parmi les plus en vue de la direction nationale tiennent à l’Instance présidentielle, le pari de la maintenir semble difficile à gagner auprès des congressistes. «Il est vrai que nous avons vécu des crises et des difficultés, peut-être liées au mode de gestion adopté lors du congrès de 2013, aux textes pas suffisamment clairs. Mais, aujourd’hui, s’il y a une question qui fait consensus entre les militants, c’est la question de la collégialité», avait affirmé il y a un mois le premier secrétaire du parti, Youcef Aouchiche.
Ce dernier avait cru nécessaire de souligner que «même du vivant du président du parti, feu Hocine Aït Ahmed, le fonctionnement était collégial dans le sens où il se référait toujours à ses camarades en demandant l’avis de ses conseillers et des instances». Ajoutant que «pour nous, la collégialité est un acquis à sauvegarder, un moteur sur lequel nous allons nous appuyer pour développer le parti, le sauvegarder et le pérenniser».
Or, l’avis de Youcef Aouchiche est loin de faire consensus au sein du parti où de nombreuses voix plaident pour l’abandon de la collégialité dont le bilan ne justifie pas son maintien. Ces voix en veulent, comme argument, le fait que l’Instance présidentielle ne fonctionne plus avec toute sa composante au-delà de la première année de son élection, comme c’est le cas présentement avec la défection d’au moins un seul membre, Sofiane Chioukh, en l’occurrence, qui n’a pas assisté à toutes les activités organiques du parti au moins depuis une année.
Auparavant, rappelle-t-on, certains membres de l’Instance présidentielle ont carrément subi la radiation des rangs du parti comme Rachid Halet, militant au long cours, exclu à la grande incompréhension des militants de base.
Le poids de cette situation crisogène a fait que le parti n’a pu réunir les conditions pour la tenue de ce congrès que laborieusement puisque ce rendez-vous devait se tenir au mois de septembre dernier qui coïncide avec la célébration de la création du FFS en 1963. L’échec de tenir ce congrès au mois de septembre dernier est désormais contourné dans la mesure où les instances du parti ont pu remobiliser les troupes à travers la tenue d’un meeting à Alger, d’une convention et surtout de l’audit dont les conclusions devraient tracer la conduite à suivre pour la réussite du congrès.
Ce qui semble avoir été fait lors de la dernière session extraordinaire du Conseil national qui a adopté «le plan global de déroulement de ce congrès ordinaire». L’IP avait exhorté, à cette occasion, les membres de la Commission nationale de préparation du congrès (CPCN) à faire «un travail de fond pour produire des avant-projets de résolutions, dignes des aspirations populaires et qui traduisent parfaitement les recommandations de la dernière conférence nationale de l’audit».
«Si la logique recommande de réduire la composante de l’Instance présidentielle à 3 membres pour réduire le champ des tensions et les éventuelles incompatibilités qui naîtraient en cours de route, rien ne semble encourager cette option», nous a expliqué un membre du Conseil national du FFS. Ce dernier n’écarte pas «le scénario» d’une Instance présidentielle où siègeront plus de 5 membres afin de «satisfaire» des ambitions qui s’expriment dans les structures du plus vieux parti de l’opposition.
D’autant plus qu’il «n’y a pas d’unanimité sur une liste fermée», ajoute notre source, laquelle évoque, dès lors, un autre scénario, celui de l’abandon du principe de la direction collégiale, qui induirait «plus de prérogatives» au futur premier secrétaire.
Autant dire une grande responsabilité des congressistes à tracer la bonne voie pour le fonctionnement du parti. A suivre…