Le démarrage des élections en Somalie, prévu dimanche et au centre d’une crise politique qui agite depuis des mois le pays, a été retardé, ont indiqué des sources officielles interrogées par l’AFP. Ce pays très instable de la Corne de l’Afrique devait entamer dimanche un long cycle électoral qui débute avec l’élection du Sénat et doit s’achever le 10 octobre avec celle du président, selon le calendrier officiel. Les régions de cet Etat fédéral ne sont pas parvenues à soumettre à temps la liste des candidats qui participeront au scrutin ni à former les comités locaux qui doivent voter, ont ajouté ces sources. Mohamed Ibrahim Moalimu, porte-parole du gouvernement fédéral, a brièvement déclaré dimanche à l’AFP que les élections étaient «retardées», affirmant cependant que le processus allait continuer. «Bien que le programme était que l’élection de la chambre haute (Sénat) commence aujourd’hui à travers les différents Etats, il y a un retard, l’élection ne se devrait pas se tenir», a confirmé un membre de la commission électorale, sous couvert d’anonymat.
Selon le complexe système électoral somalien, des délégués spéciaux investis par une myriade de clans et de sous-clans, au sein de chacun des cinq Etats fédérés, choisissent les parlementaires, qui eux-mêmes désignent le président. Selon plusieurs sources, le seul Etat dans lequel le scrutin pourrait se tenir «dans la semaine» est le Jubaland. Selon l’une d’elles, le comité y est déjà formé et le président de la région publiera peut-être la liste des candidats «au cours de la journée». «Nous nous attendons à ce que l’élection commence bientôt», a déclaré Mohamed Adan, un responsable du gouvernement du Jubaland, tandis qu’une autre source évoquait un possible début du scrutin dès dimanche. Des sources au Puntland ont confirmé à l’AFP que le scrutin y était retardé en raison de «problèmes techniques». Au Galmudug, le parlement local est en vacances et ne doit rentrer que début août. Selon des sources au Sud-Ouest, le président de la région se trouve actuellement à l’étranger, ce qui bloque le processus. En avril, la prolongation pour deux ans du mandat du président Mohamed Abdullahi Mohamed, dit Farmajo, qui avait expiré le 8 février, avait provoqué de violents affrontements à Mogadiscio, menaçant le fragile équilibre de ce pays meurtri par la guerre civile. Début mai, dans un geste d’apaisement, Farmajo a chargé son Premier ministre Mohamed Hussein Roble d’organiser des élections dans les meilleurs délais. Le gouvernement de Mogadiscio ne contrôle toujours qu’une faible portion du territoire, avec l’aide cruciale des quelque 20.000 hommes de la force de l’Union africaine (UA), l’Amisom, qui lutte contre la milice islamiste shebab. Dans un message audio attribué à leur chef, les shebab ont mis en garde mardi les hommes politiques qui participeront aux élections. n