La direction des impôts veut communiquer davantage sur les prix de produits alimentaires et sur les taxes contenues dans la loi de finances 2017.

Elle veut en fait lever les équivoques sur la réalité des prix, dans un contexte de contestation sociale. Elle a promis de parler concret, en rendant publics les prix des produits de consommation ainsi que toutes les hausses contenues dans la loi de finance 2017, pour éviter les augmentations aléatoires de la part de commerçants. Le directeur de la législation et de la réglementation à la direction générale des impôts (DGI), Mustapha Zikara, qui s’exprimait sur le sujet, a raison de parler de prix aléatoires, parce que les produits concernés par la hausse de la TVA (17% à 19%, et de 7% à 9% ) et du coup des prix sont ceux dont la sortie d’usine coïncide avec l’entrée en vigueur de la loi de finances 2017, alors que la mise en application de cette loi n’a commencé que dimanche dernier. Le représentant de la DGI à fait savoir que les augmentations de certains produits et marchandises sont «injustifiables», précisant que la DGI publiera toutes les modifications, même légères, survenues réellement sur les prix de certains produits afin d’informer le citoyen et d’éviter toute hausse aléatoire de la part de commerçants. La DGI avait publié à la fin du week-end dernier les légers changements survenus dans les prix de certains produits de large consommation ainsi que les produits non concernés par les augmentations de prix. D’autres listes de produits seront rendues publiques, dans les jours à venir, dont le but est toujours d’informer le consommateur sur les prix réels. La DGI avait indiqué dans une note explicative les détails relatifs au relèvement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) qui est passés de 17% à 19% pour le taux normal et de 7% à 9% pour le taux réduit, précisant que cette modification sera sans impact sur les prix de dizaines de produits tels le pain, lait, semoules, huile à base de soja, fruits et légumes à l’exclusion de ceux importés et ceux commercialisés par des redevables de la TVA (les vendeurs d’étalage dans les marchés et les petits commerçants ne sont pas considérés redevables de la TVA). Et, parmi les produits importés, les bananes. Soumises à des taxes élevées, elles se vendent à 600 dinars à Alger. Les pommes s’envolent à 500 dinars. M. Zikara a, par ailleurs, évoqué l’augmentation des prix des produits électroménagers. Ces produits, dit-il, ne seront concernés par une majoration des prix qu’après le premier semestre 2017 (pour les produits importés), et à partir de 2018 (pour les produits fabriqués localement). Il a également précisé que les produits concernés par l’augmentation des prix du fait du relèvement de la TVA connaîtront une hausse n’excédant pas les 2% de leur prix. Les autres produits et services exonérés par la TVA sont, entre autres, les moissonneuses-batteuses fabriquées en Algérie et le papier destiné exclusivement à la fabrication et à l’impression du livre, les contrats d’assurances de personnes et les opérations de crédits bancaires accordés aux ménages pour l’acquisition ou la construction de logements individuels. En résumé, le directeur de la législation et de la réglementation à la direction générale des impôts a expliqué que la publication des prix permettra de mettre tout un chacun devant «ses responsabilités» et de mettre à «nu les augmentations exagérées».
Appelant à ne pas exploiter cette situation pour opérer des augmentations aléatoires, Zikara a recommandé l’affichage des prix dans les commerces pour permettre au citoyen de distinguer les prix réels de ceux exagérés. Par ailleurs, il a rappelé que la plupart des mesures contenues dans la Loi de finances 2017 visent à encourager la croissance de l’économie nationale, la création d’entreprises et la mise en place d’un large tissu national de sous-traitance, précisant que la seule disposition à même de permettre des fonds supplémentaires au profit du Trésor est le relèvement de la TVA de 2% seulement. La DGI est dans son rôle d’informer sur la réelle hausse des taxes et ses répercussions sur les prix. Mais sera-t-elle écoutée ? D’autres structures sont appelées à se remettre au travail pour réguler un marché ouvert aux quatre vents, une situation qui n’a que trop duré et dont se nourrissent des commerçants à l’appétit gargantuesque pour le gain facile.