Par Bouzid Chalabi
Les prix du pétrole, notamment le Brent (référence pour le pétrole algérien) ont maintenu leur tendance haussière au lendemain du sommet de l’Opep+, dépassant ainsi la barre des 70 dollars le baril. En effet, hier mardi dans la matinée, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août valait 70,90 dollars à Londres, en hausse de 0,93% par rapport à la clôture de vendredi dernier. Quant au baril de WTI pour le mois de juillet, il gagnait à New York 0,75% pour atteindre les 68,32 dollars le baril. Ainsi, le baril de Brent s’est arrêté mardi dernier à quatre centimes de son précédent plus haut du 8 mars 2021 avant de refluer, quand le WTI est revenu à un prix plus vu depuis le 23 octobre 2018.
A propos de cette tendance haussière, les observateurs du marché pétrolier s’accordent à dire qu’elle résulte de la réunion des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs 10 alliés qui s’est tenue mardi 1er juin courant en vidéoconférence, durant laquelle ils ont décidé de se conformer à la stratégie convenue en avril consistant en une augmentation progressive de la production de pétrole. En clair, maintenir l’augmentation de la production à hauteur de 441 000 barils par jour. Pour les analystes, cette manœuvre vise un retour prudent et par palier depuis le mois de mai de près 1,2 million de barils par jour supplémentaires sur le marché, auquel s’ajoute le volume d’un million de barils qui avait été retiré délibérément par Ryad en début d’année courante.
Ceci dit, on apprend par ailleurs, à la faveur d’un communiqué du ministère de l’Energie et des Mines rendu public à l’issue de la réunion, que «les quotas à partir du mois d’août n’ont pas été abordés, le groupe préférant repousser cette décision au prochain sommet, le 1er juillet».
Pour revenir aux décisions prises lors de cette 17e réunion des ministres de l’Opep et non Opep, plusieurs lectures ont été énoncées. On peut citer entre autres celle de l’analyste d’Avatrade. Ce dernier, après avoir constaté que les prix du pétrole ont conservé leurs gains au lendemain d’un sommet de l’Opep+ sans coup de théâtre, avance les propos suivant : «Les vingt-trois producteurs souhaitent ramener l’offre de pétrole au niveau antérieur à la pandémie de la Covid-19, mais ils comprennent, également, qu’ils doivent faire preuve de patience tant que la menace du variant indien est toujours d’actualité.» Toujours dans ce même registre, Stephen Brennock, de PVM, note que «le groupe de producteurs n’est pas le seul à ouvrir les robinets». Et d’expliquer dans ce sens : «Les prix actuels encouragent les Etats-Unis, premier producteur mondial, mais aussi le Canada, le Brésil et la Norvège à pomper davantage.»
Concernant la participation du ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, à la réunion, ce dernier a fait savoir, selon un communiqué du ministère lors des travaux, que les rapports de la réunion font ressortir des taux positifs des indicateurs de croissance de l’économie mondiale, ce qui a donné lieu à «une hausse de la demande sur le pétrole selon les prévisions du mois de juin». Toujours d’après le ministre, «les 23 pays de l’Opep et Opep+ ont convenu unanimement de poursuivre cette opération ainsi que les réunions périodiques mensuelles pour maintenir la stabilité du marché». Les deux réunions étaient, a-t-il estimé, «fructueuses», et les ministres avaient d’ailleurs constaté les résultats de l’application de la réduction de la production en avril, où le taux d’adhésion avait atteint 114%, «ce qui a favorisé un équilibre du marché et a traduit la stabilité des cours du pétrole durant cette période». Cet état de fait a poussé les participants, lors de ces réunions, à décider de «maintenir le taux de vigilance et continuer de contrôler le marché», dans la mesure où la vaccination contre la Covid-19 dans certains pays n’a pas encore atteint le rythme des grandes puissances, en sus des indices de stockage mondial qui restent assez élevés. Il dira enfin au sujet de l’ajustement de la production du mois de juillet, qui va porter sur une augmentation de 441 000 barils par jour, «cela va permettre à l’Algérie une légère augmentation de sa production, environ 14 000 barils par jour.» n