Après les ophtalmologues, les orthopédistes, c’est au tour des médecins résidents spécialisés en cardiologie de boycotter, hier, la 2e session des examens du Diplôme d’études médicales spécialisées (Dems) avec un taux de suivi de «100%», selon le porte-parole du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra), le Dr Taïleb.

Le boycott des examens du Dems par les résidents en cardiologie a été annoncé, hier, dans un communiqué à travers lequel ces derniers ont exprimé leur «engagement» dans leurs «revendications légitimes» en optant pour cette décision à travers laquelle ils réitèrent leur «soutien indéfectible» aux actions et démarches du Camra. Ce dernier réitère, quant à lui, son regret de se «heurter à la rigidité» des tutelles, à savoir le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et le ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière qui, «par leur silence démontrent leurs mépris et dénigrement vis-à-vis de citoyens, élites du pays, et surtout leur désintérêt quant à la prise en charge sanitaire du peuple», souligne-t-il.
Le même collectif manifeste pour la énième fois son «refus» d’être un «alibi politique» pour un système de santé qu’il qualifie de «moribond». Il dénonce, sur sa lancée, le caractère «plus politique que citoyen» imprimé au débat sur les «revendications légitimes et de droit constitutionnel» des médecins grévistes. Il cite, sur ce registre, «les répressions et le matraquage policier et médiatique».
Réagissant aux accusations faites par le président du Syndicat national des praticiens spécialistes de santé publique (SNPSSP), Mohamed Yousfi, à l’encontre du Camra, à travers le Collectif des médecins spécialistes (Camsa), le D Taïleb contre-attaque en allant jusqu’à qualifier ce dernier d’«ingrat», soutenant que le Camra est l’unique interlocuteur de la tutelle s’agissant du dossier du service civil. «le Docteur Yousfi ne nous doit rien. Et on ne fait que défendre les revendications qui sont les nôtres», dira le Dr Taïleb.
Sans hésiter à reprocher au président du SNPSSP d’avoir un «parcours riche en échecs», car ce dernier «milite depuis 14 ans, mais son militantisme n’a rien apporté aux praticiens spécialistes», justifie notre interlocuteur qui, à l’occasion, ne dissimule pas ses doutes quant à la «représentativité», du SNPSSP au sein de la corporation des spécialistes.
«Un collectif de médecins spécialistes est né, indépendamment du syndicat de M. Yousfi», ajoutera le Dr Taïleb, estimant que le syndicat des praticiens spécialistes est devenu un représentant du ministère de tutelle et non des praticiens. «D’ailleurs, nous avons envoyé un e-mail au ministère de la Santé pour l’informer que le Camra ne veut pas dudit syndicat dans la commission intersectorielle installée par ses soins dans le cadre des négociations consacrées à notre plateforme de revendications», conclut le même porte-parole.
Pour rappel, Mohamed Yousfi a, dans un réquisitoire dressé samedi contre le Collectif des médecins spécialistes (Camsa), déclaré que les spécialistes ne sont pas concernés par la grève prévue le 27 mars. Il accuse, entre autres, ce collectif de «manipuler» la confrérie des médecins spécialistes et de faire dans la «scission» pour saper la base de son syndicat. À propos du boycott des examens du Dems, le président du SNPSSP a indiqué que son syndicat n’est pas contre le principe de la grève, mais contre les conditions de son application. Il a aussi argué que la période n’est pas propice à la grève parce que le concours des praticiens spécialistes se tiendra au mois de juin et concernera plus de 2 000 médecins qui ont plus de cinq ans d’expérience.