Le statu quo qui a fini par s’imposer dans les dernières négociations, entre les délégués des médecins résidents et le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, fait craindre le pire.

En effet, le spectre de l’année blanche qui n’arrange aucune partie, précisons-le, se confirme davantage avec l’échec des négociations et la décision prise mardi par les 11 facultés de médecine que compte le pays de poursuivre la grève illimitée, entamée à la fin du mois de décembre dernier. Ainsi, aucune reprise des cours et des soins n’est envisageable la semaine prochaine.
Par conséquent, l’année blanche pourrait être déclarée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique au cours des 15 prochains jours. Un tel scénario aura des retombées dramatiques aussi bien sur le cursus universitaire des sciences médicales que sur le système de santé publique.
Avec le blocage de toute une promotion de nouveaux médecins spécialistes, les pouvoirs publics seront devant une équation difficile à résoudre. Soit ils laissent des structures de santé publique tout entière sans médecins spécialistes, puisque ceux qui ont accompli leur service civil quitteront leurs postes, soit ils prolongent la durée du service civil, ce qui va certainement provoquer la colère des concernés et poser un problème légal. L’entêtement des deux parties en conflit conduira inévitablement à ce scénario qui aggravera la situation déjà délicate que vit le secteur de la santé publique.

Un nouveau plan d’action pour les résidents ce week-end
Après la décision de la base de poursuivre la grève, le bureau national du Collectif autonomes des médecins résidents algériens (Camra) se réunira ce week-end à Alger pour tracer un nouveau plan d’action, a-t-on appris du Dr Amine Naïli. « Conformément à la décision de la base de poursuivre la grève prise lors des assemblées générales tenues dans les facultés de médecine, le bureau national du Camra va se réunir ce week-end pour adopter un nouveau plan d’action pour les prochains jours », a-t-il déclaré. Il enchaîne : « Il est clair pour nous que l’échec des négociations impose un nouveau plan d’action pour faire valoir nos revendications. » De quelles actions s’agit-il ? Notre interlocuteur refuse de se précipiter. « On décidera en fonction du contexte et des propositions de chacun des membres du bureau national », a-t-il répondu, tout en gardant secret la nature des propositions qui seront posées sur la table de la réunion. « Nous allons informer l’opinion publique de nos décisions au moment opportun », s’est-il contenté de dire.

Camra reste ouvert au dialogue
Interrogé sur la réaction de la tutelle après la décision de poursuivre la grève, il dira que le ministère de la Santé n’a toujours pas réagi. « Nous n’avons pas eu d’écho pour le moment », a-t-il répondu. Toutefois, il affirme que son organisation est dans l’attente d’une nouvelle invitation au dialogue. « Nous attendons de la part de la tutelle de nouvelles propositions pour sortir de l’impasse et trouver des solutions durables aux problèmes posés », a-t-il expliqué. A une question sur les propositions de médiation faites par un professeur de médecine et une organisation syndicale, notre interlocuteur estime que son syndicat n’a pas besoin d’intermédiaire ». « Nous ne voyons pas de raison pour accepter la médiation d’une partie tierce, pour la simple raison que nous avons des contacts directs avec le ministre lui-même », a-t-il noté, tout en précisant que seule une médiation  qui pourrait ramener des acquis est la bienvenue.

Nécessité d’un front médical commun
Réagissant à l’appel lancé par le Collectif autonome des médecins spécialistes algériens (Camsa) pour la création d’un front médical commun, Dr. Naïli a estimé qu’une telle option s’impose dans la conjoncture actuelle. « C’est tout le personnel médical qui souffre, actuellement, de la situation qui prévaut dans le secteur de la santé publique.
Une conjugaison des efforts de tout le corps médical est plus que souhaitable », a-t-il affirmé.