Pendant longtemps, les instances sportives suprêmes ont insisté sur le fait que le sport et la politique ne font pas bon ménage. Cette règle a fini par être transgressée par ceux qui ont établi les règles du jeu. Il n’y a plus d’apolitique qui tienne. Juste une solidarité sélective ayant fini par mettre à nue une hypocrisie du monde occidental qui distribue l’empathie à sa guise et distingue les peuples ainsi que les vies humaines. Le tout, derrière un vivre ensemble qui ne se résume qu’à un certain monde.

Par Mohamed Touileb
Lundi, la FIFA a fini par céder sous la pression médiatique et le mainstream. La Russie ne jouera pas la prochaine Coupe du Monde 2022 au Qatar. Concernée par les matchs barrages de mars, la « Sbornaya » a été rayée de la voie « B » qui compte la Pologne, son adversaire initial, la République Tchèque et la Suède.

Hérésie et hypocrisie
Ainsi, le conflit armé avec l’Ukraine a fini par percer les murailles défensives des instances qui ont par le passé fait semblant de tenir le sport à l’abri des immixtions politiques. Une pure simulation quand on se rappelle de certains précédents qui se résumaient juste à des messages de sympathie des joueurs à l’endroit de la Palestine. Une parcelle du monde qui ne représente probablement pas, le travail étant déjà fait, les mêmes enjeux géopolitiques pour l’ONU et l’OTAN. On se souvient du Malien Omar Kanouté et l’Egyptien Mohamed Aboutrika qui ont écopé de carton jaune et d’amende financière. Et ce juste pour avoir célébré des buts en levant (et non en enlevant) le maillot pour montrer un t-shirt floqué d’un message de soutien à des Palestiniens « agressés militairement » (pour reprendre les termes et le motif utilisé par la FIFA et le CIO pour expliquer les sanctions) par l’armée de l’occupant sioniste. Il s’agit là d’un basculement dans l’hérésie qui est aux antipodes des prétentions et des idées véhiculées pendant longtemps.

Le découpage du Monde
Le monde est découpé selon les intérêts et la pression des alliés. On n’oubliera pas de mentionner que c’est l’UEFA, car cette guerre a l’Europe comme théâtre, qui a fait pression sur Infantino pour qu’il bannisse les Russes. D’ailleurs, dans un premier temps, l’organe qui gère le foot mondial a essayé de contourner le problème en prononçant des sanctions « légères ». La Russie devait juste jouer sur terrain neutre, sans son drapeau ni son hymne. Puis, il y a eu une mesure radicale quelques heures après.
La FIFA sait le poids de l’Europe dans le football. D’ailleurs, c’est cette même UEFA qui a décidé de prendre une sélection d’un occupant qui porte le nom d’un ange aux dessins diaboliques pour jouer dans sa zone alors qu’elle appartient au Moyen-Orient. Et cela pour qu’elle n’ait pas à affronter les voisins hostiles. Le bon ménage était juste là sous nos yeux. C’est juste que cette fois, il les crève.