Avant-hier, jeudi, La Ligue arabe a condamné l’ouverture, dimanche dernier, par le Brésil d’un bureau économique à Jérusalem (Al Qods) et a mis en garde ce pays contre le déplacement de son ambassade dans la Ville sainte. A l’ouverture de ce bureau économique, le fils du président brésilien Jair Bolsonaro a confirmé à l’occasion l’intention de son père de déplacer l’ambassade du Brésil en Israël dans la Ville sainte.

Dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion de ses délégués permanents, « la Ligue arabe considère la décision du Brésil comme unilatérale et illégitime et considère qu’elle appuie les politiques illégales d’occupation israélienne ». La réunion convoquée d’urgence à la demande des Palestiniens a été l’occasion d’une mise en garde contre le déplacement à Jérusalem (Al Qods) de l’ambassade du Brésil, indiquant que le changement de la politique brésilienne envers les Palestiniens « portera gravement atteinte aux relations et aux intérêts arabo-brésiliens ».
En réponse, le ministère brésilien des Affaires étrangères a précisé dans un communiqué que ce bureau économique allait « donner la priorité aux dossiers liés à l’innovation, à la technologie, aux partenariats stratégiques et aux investissements ». « Le Brésil continue d’entretenir d’excellentes relations avec les pays arabes, comme en témoignent les résultats concrets de la récente visite du président dans la région», est-il ajouté dans le texte, en référence à la récente tournée qui a conduit Jair Bolsonaro aux Emirats arabes unis, au Qatar et en Arabie Saoudite en octobre.
Lors de sa visite en Israël en mars, le président brésilien avait présenté l’ouverture d’un bureau de l’Apex (l’agence brésilienne de promotion du commerce et de l’investissement) à Jérusalem (Al Qods) comme un premier pas vers le déplacement de l’ambassade. Avec un tel transfert, M. Bolsonaro imiterait le président américain Donald Trump qui a déplacé l’ambassade des Etats-Unis dans la ville sainte en mai 2018. Le statut de cette ville est l’une des questions les plus épineuses du conflit israélo-palestinien. Israël occupe Jérusalem-Est depuis la guerre de 1967 et l’a ensuite annexé, acte qui n’a jamais été reconnu par la communauté internationale. Israël considère toute la ville comme sa capitale, alors que les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.
La plupart des ambassades étrangères sont situées à Tel-Aviv pour ne pas préempter le résultat de négociations entre Israéliens et Palestiniens. Donald Trump a rompu en décembre 2017 avec des décennies de consensus international en reconnaissant Jérusalem (Al Qods) comme capitale d’Israël et en annonçant le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv. Le gouvernement israélien avait assuré que d’autres pays suivraient l’exemple. A ce jour, seul le Guatemala a transféré et maintenu son ambassade à Jérusalem. Le Paraguay, qui avait ouvert en mai 2018 une ambassade à Jérusalem, a rapatrié sa représentation diplomatique à Tel-Aviv, déclenchant l’ire d’Israël qui a fermé son ambassade à Asuncion. La Hongrie a ouvert une représentation commerciale dans la ville sainte en mars dernier.<