La Ligue arabe a annoncé, hier, son rejet du plan de règlement du conflit israélo-palestinien appelé «deal du siècle» annoncé mardi dernier par le président américain Donald Trump, le qualifiant d’«injuste»
envers les Palestiniens.

A la demande de la Palestine, l’organisation a tenu une réunion d’urgence au Caire, au niveau des ministres des Affaires étrangères, en présence du Président palestinien Mahmoud Abbas, après l’annonce du plan américain rejeté par les Palestiniens.
La ligue arabe a indiqué, dans un communiqué publié à l’issue de la réunion, qu’elle «rejetait ‘‘l’accord du siècle’’ américano-israélien étant donné qu’il ne respecte pas les droits fondamentaux et les aspirations du peuple palestinien». A propos d’une quelconque coopération pour l’application du plan incriminé, la ligue a souligné que les dirigeants des pays arabes avaient promis «de ne pas (…) coopérer avec l’administration américaine pour mettre ce plan en œuvre». Les responsables arabes ont également insisté sur la nécessité d’une solution à deux Etats, incluant la formation d’un Etat palestinien sur les frontières de 1967 avec pour capitale Jérusalem-Est (El Qods-Est), secteur palestinien de la ville occupé et annexé par Israël.
Dans son plan, Washington estime que Jérusalem (El Qods) est la capitale «indivisible» d’Israël et propose de créer une capitale d’un éventuel Etat palestinien à Abou Dis, un faubourg dans la banlieue de Jérusalem (El Qods), où les Etats-Unis, selon Donald Trump, ouvriraient «avec fierté» leur ambassade. Les Palestiniens, eux, veulent faire de l’ensemble de Jérusalem-Est (El Qods-Est) la capitale de leur Etat.
Un des autres points sensibles du projet est l’annexion par Israël des colonies qu’il a implantées en Cisjordanie occupée depuis 1967, en particulier dans la vallée du Jourdain, qui doit devenir la frontière orientale d’Israël. Le plan, qui a été rejeté par l’Autorité palestinienne et toutes les factions de la résistance, prévoit la création d’un Etat palestinien «connecté» sous la forme d’un archipel relié par des ponts et des tunnels. Le plan incriminé ne laisse à la Palestine que 15% du territoire qui était le sien en 1947.
S’exprimant lors de la réunion, le Président palestinien Mahmoud Abbas a dénoncé «le deal du siècle» proposé par Washington pour le règlement du conflit israélo-palestinien. Il a annoncé la rupture de «toutes les relations», y compris sécuritaires, entre l’Autorité palestinienne d’une part, et Israël et les Etats-Unis d’autre part, qualifiant le plan américain de «violation des accords d’Oslo» signés avec Israël en 1993. «Je n’accepterais jamais cette solution. Je ne veux pas entrer dans l’Histoire comme le dirigeant qui a vendu El Qods», a-t-il tranché, ajoutant que «les Etats-Unis «ne sont plus un ami» de la Palestine.
Le président américain avait indiqué, lors de la présentation de son plan mardi dernier en présence du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, avoir envoyé une lettre exposant son projet au président palestinien Mahmoud Abbas, dans laquelle il lui avait «expliqué que le territoire prévu pour son nouvel Etat resterait ouvert et sans développement [de colonies israéliennes] pendant une période de quatre ans».
Donald Trump a affirmé que «si le chef de l’Autorité palestinienne choisit la paix, les Etats-Unis et d’autres pays feront tout pour l’aider», appelant les Palestiniens à ne pas manquer leur «chance historique» qui pourrait leur permettre de «doubler» le territoire de leur futur Etat. Le Premier ministre israélien a souligné que les Palestiniens devront reconnaître son pays comme «Etat juif» et que les réfugiés palestiniens n’auront pas droit au retour en Israël. Il a assuré que le plan de la Maison-Blanche octroierait à Israël la souveraineté sur la vallée du Jourdain, vaste zone stratégique de la Cisjordanie occupée.