Ce sont près de 70 pays qui se sont réunis, hier à Paris, dans le cadre de la Conférence internationale pour la paix au Proche-Orient. Le rendez-vous a pour but de relancer le processus de paix israélo-palestinien pour atteindre une solution à deux Etats et d’encourager le retour au dialogue entre les deux parties.

«On espère que la conférence soit un succès et qu’elle débouchera sur l’annonce appelant à des négociations multilatérales, ce que refuse l’Etat israélien. Cette conférence est en tout cas la dernière chance pour parvenir à la solution à deux Etats», a affirmé hier l’ambassadeur palestinien à Alger, Aïssa Louai sur les ondes de la Radio nationale. En octobre, le Conseil exécutif de l’Unesco avait adopté une résolution sur Jérusalem-Est portée par plusieurs pays arabes, un texte dénonçant les empiètements israéliens sur le site de l’esplanade des Mosquées, les incursions israéliennes sur ce site et les restrictions d’accès imposées aux fidèles musulmans. «Avec le projet de judaïsation de Jérusalem où des mesures dangereuses sont en train d’être prises, El Qods est en danger. Où sommes-nous en tant que peuple arabe, en tant que musulmans et tout simplement en tant qu’êtres humains ?», se demande Aïssa Louai. Par ailleurs, Israël a boycotté la conférence, ce qui a incité la France à considérer que la Palestine ne devait pas non plus être représentée aux discussions. «Maintenant, à la communauté internationale, qui a créé l’Etat israélien, de prendre ses responsabilités à l’occasion de cette conférence», appelle le représentant palestinien en Algérie. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a, en effet, indiqué la semaine passée que la conférence de Paris était «une imposture palestinienne sous les auspices de la France et destinée à prendre encore plus de positions anti-israéliennes. Cela fait reculer la paix, et nous ne serons pas liés» (par les éventuels engagements à l’issue de la conférence). Une position que déplore Aïssa Louai. «Quelle que soit l’initiative qui fait face aux projets de colonisation israéliens, les dirigeants sionistes le critiquent. Si on propose des négociations pour aller vers la paix, ils disent que nous sommes des terroristes diplomatiques, lorsque nous menons une lutte armée, ils nous affublent de terroristes, et enfin, quand nous menons des luttes populaires, ils disent que c’est le résultat de campagnes d’incitation «, affirme-t-il. Pour l’invité de la radio, ce dimanche, la situation politique actuelle des pays arabes rajoute à la complexité de la situation où Israël mène ses négociations en usant du rapport de force.
«Sortir des négociations bilatérales à des négociations internationales régies par la législation internationale est notre but à travers la conférence de Paris», espère Aïssa Louai, qui souhaite que «les négociations soient limitées dans le temps, qu’il y ait un organe de suivi des négociations et qu’une date soit fixée pour en finir avec l’occupation», explique-t-il. Concernant la volonté du nouveau président américain Donald Trump d’installer l’ambassade américaine à Jérusalem, «la Palestine usera de tous les recours possibles, notamment de l’appui de la Russie, pour s’opposer à ce projet qui, s’il sera mis en œuvre, engendrera l’arrêt des négociations», prévient Aïssa Louai. Pour rappel, l’Algérie a pris part ce dimanche à la conférence de Paris pour la paix au Proche-Orient par l’intermédiaire du ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra.
L’événement doit permettre à l’Algérie de «réitérer son appel à la communauté internationale à l’effet d’assumer ses responsabilités pour mettre un terme à la tragédie du peuple palestinien frère en lui permettant de concrétiser ses droits nationaux inaliénables, y compris son droit à l’établissement de son Etat indépendant avec pour capitale El Qods», indique le communiqué du ministère des Affaires étrangères.