Le chauffeur du bus, qui transportait des étudiants de l’Ecole supérieure de commerce d’Alger vers le pôle universitaire de Koléa, a été relevé de ses fonctions par les responsables de l’entreprise qui l’emploie, en l’occurrence Tahkout, qui entendent ainsi mettre fin à une polémique qui a laissé croire que les jeunes filles avaient fait l’objet d’une tentative de kidnapping.

Selon Djeddi Mohamed Salah, directeur de l’Office national des œuvres universitaires (Onou) de Tipasa, il s’agirait en fait d’un conflit opposant un étudiant au chauffeur du bus qui ramenait les étudiants de l’ESC de Tafourah à Koléa. Pris de panique à la vue d’un groupe de jeunes qui attendait à l’arrêt du bus, en compagnie de l’étudiant, «probablement en représailles à son problème avec ce dernier», le chauffeur a préféré reprendre la route en direction de la brigade de gendarmerie pour se mettre à l’abri ainsi que les étudiantes encore dans le bus. Selon notre interlocuteur, qui était présent au pôle universitaire au moment des faits, l’étudiant attendait le chauffeur de pied ferme pour en découdre avec lui. Il n’hésita pas avec ses camarades à caillasser le bus, endommageant le pare-brise ainsi que des vitres du bus.

Interrogé sur les raisons à l’origine de l’aggravation du conflit opposant l’étudiant au chauffeur, alors que l’administration du centre aurait pu intercéder pour le régler, le directeur précisera à «Reporters» qu’aucune plainte n’a été déposée ni par l’un ni par l’autre, tout en dénonçant ce qu’il appelle une sorte de banditisme qui se développe et vient s’ajouter à d’autres fléaux. Pour mettre un terme au conflit et au malaise qui s’est installé dans le pôle universitaire, le chauffeur a été relevé de ses fonctions. «A la tombée de la nuit, les étudiantes, inquiètes, commençaient à douter des intentions du conducteur. Il roulait à toute vitesse et on criait fort pour attirer son intention sur le fait qu’il n’était pas sur le bon chemin. Mais sans succès. Agacé par nos protestations, il a pris le téléphone et a commencé à parler à d’autres personnes pour leur annoncer qu’il venait avec 50 jeunes filles et qu’il a tenu parole», témoigne une des étudiantes venues, hier matin, prendre part à un rassemblement de protestation devant leur école à Koléa. Les appels passés par le chauffeur ont fini par provoquer une panique indescriptible à l’intérieur du bus. «Quand nous avons entendu cette conversation téléphonique, nous avons eu très peur. Certaines ont paniqué et ont sauté par les fenêtres. D’autres se sont jetées sur le chauffeur pour tenter de prendre le contrôle du bus. Mais le chauffeur est devenu agressif», poursuit-elle. La révolte des étudiantes a fini par dissuader le chauffeur «fou» d’aller jusqu’au bout de son plan, «il s’est arrêté non loin de la Gendarmerie nationale».<