En grève depuis un mois, les enseignants des lycées, collèges et écoles primaires de la wilaya de Tizi Ouzou, affiliés au Cnapeste, restent toujours mobilisés pour faire aboutir leur unique revendication, à savoir le départ de deux chefs de service accusés d’avoir cautionné un dépassement policier à l’encontre d’une enseignante stagiaire

, venue récupérer un document administratif (attestation de stage) auprès du service concerné (voir nos précédentes éditions). «Ulac smah ulach ! (pas de pardon), «La dignité n’a pas de prix», «Non à l’humiliation, oui à la dignité», ont clamé hier les grévistes, considérant que la gifle donnée à leur collègue par une policière n’est pas un acte banal. Ils le considèrent plutôt comme une injustice et une atteinte à la dignité de tous les enseignants. Ces derniers étaient près de deux milliers à prendre part à la marche initiée par leur syndicat comme ultime action de protestation pour faire entendre raison aux pouvoirs publics, au Directeur de l’éducation, au wali et même à la ministre de tutelle, dont ils ont dénoncé le silence. Le directeur local de l’éducation en a eu pour son grade. Les marcheurs n’ont pas été avares de quolibets à son endroit, l’accusant de cautionner le mépris, l’injustice et l’autoritarisme administratif que subissent les enseignants au sein de l’académie. Aux yeux du Cnapeste, le même responsable est coupable d’une gestion irresponsable et calamiteuse du conflit qui, regrette-t-on au sein de ce syndicat, aurait pu trouver vite une solution pour permettre le déroulement normal de l’activité pédagogique au sein des établissements scolaires de la wilaya, paralysés depuis un mois. Devant les marcheurs rassemblés devant le siège de la wilaya, qu’ils ont rallié depuis l’académie, le secrétaire général du Cnapeste dénoncera «la désinformation, l’intimidation, la manipulation» du directeur de l’éducation qui, d’après lui, «a qualifié le conflit de petit incident, de non-événement sur le plateau d’une télévision». 

«Il s’agit d’un acte de provocation contre les enseignants», s’indigne le responsable syndical. Il a, en outre, dénoncé l’instrumentalisation de la justice qui, selon lui, a émis deux décisions contradictoires en 48 heures. «Saisie par le premier responsable de l’académie, la chambre administrative, qui s’est déclarée incompétente, la première fois, se dédira, le lendemain, pour statuer sur l’illégalité de la grève», proteste le secrétaire général du Cnapeste pour la wilaya de Tizi Ouzou. Tout en imputant l’impasse que connaît le conflit aux pouvoirs publics, il ne désespère pas de trouver une oreille attentive auprès du wali ou de son représentant, qui s’apprêtait à recevoir une délégation du syndicat, à l’issue de la marche d’hier. La veille, c’est une délégation des parents d’élèves qui a été reçue au cabinet du wali. Promesse aurait été faite à ces derniers d’intercéder auprès de la ministre de l’Education pour trouver une solution au conflit.