Faut-il aller vers un confinement total ou se contenter d’un confinement partiel ? La question semble se poser avec acuité à mesure que la crise dure et que les chiffres de contamination quotidienne attestent un rebond plus qu’inquiétant de la Covid-19, même si le ministre de la Santé a écarté le confinement total.

Le corps médical semble être partagé entre ceux qui plaident pour l’instauration d’un confinement général pour stopper la progression de la maladie et d’autres qui suggèrent plutôt «un dispositif ciblé» de façon à ne pas pénaliser toute une population.
Le secrétaire général du Syndicat autonome des biologistes de la santé publique (SABSP) Youcef Boudjelal, appelle, sous le signe de l’urgence, à l’instauration du dispositif de confinement total dans les plus brefs délais. «Avant qu’il ne soit tard», recommande-t-il. «Il faut aller vers le confinement total notamment dans les zones où la situation épidémiologique fait ressortir une recrudescence de la vitesse de propagation de l’épidémie à l’image de Sétif, Biskra ou Oran», a-t-il recommandé sur une note d’inquiétude au vu de la propagation du virus.
Pour lui, certaines wilayas sont dans un état «délicat et dangereux». Une situation qui implique d’imposer un confinement total de deux semaines. «C’est la solution idoine pour maîtriser la situation épidémiologique car, personnellement, je ne trouve pas l’utilité de l’instauration d’un confinement partiel», indique notre interlocuteur. Il évoque la wilaya de Sétif, où un nouveau confinement partiel entre en vigueur à partir d’aujourd’hui dans 18 communes suite à la hausse de contaminations enregistrée dans la wilaya.
Le secrétaire général du SABSP estime que le «dispositif de confinement allégé ou transformé en couvre-feu pour des considérations socioéconomiques, nous a conduits à cette situation inquiétante». Une raison pour lui de rappeler avoir plaidé pour «un confinement total sur tout le territoire national depuis l’apparition de l’épidémie dans le pays, mais cela n’a malheureusement pas eu lieu», ajoutant que la situation actuelle exige d’aller vers une «quarantaine globale pendant 15 jours» pour empêcher la propagation de l’épidémie.
L’avis du SABSP n’est pas partagé cependant par le Syndicat algérien des paramédicaux (SAP). Son président, Ghachi Lounès, a estimé que «l’instauration du confinement partiel sur les communes et localités touchées par le coronavirus est une décision judicieuse», précisant que «c’est l’option que privilègie le syndicat depuis toujours». «Le confinement partiel est plus raisonnable qu’un confinement total pénalisant ainsi tous les habitants d’une wilaya». M. Ghachi appelle cependant le ministère de la Santé à organiser des campagnes de sensibilisation et de dépêcher des commissions qui se rendront dans les localités qui connaissent une hausse des cas de contamination. Ce dernier, comme d’autres professionnels de la santé, explique la hausse du nombre de contaminés par plusieurs facteurs, mais insiste sur le non-respect des mesures de prévention, notamment le port du masque de protection et la distanciation sociale. Il appelle à ce propos à «durcir» les mesures de prévention contre la propagation de la pandémie du coronavirus. n