« Nous sommes aujourd’hui devant un défi majeur qui consiste en le recouvrement de la confiance en notre société. » En évoquant d’emblée ce sujet brûlant, lors de sa nomination par le président, le nouveau Premier ministre Abdelaziz Djerad semble déjà avoir mis le doigt sur le mal. La carence en confiance, qui caractérise la vie politique nationale, aura été le ferment le plus puissant pour la crise chronique actuelle. Il est vrai que les décisions antérieures n’ont pas aidé à instiller cette valeur dans les têtes et les cœurs des Algériens. Comment pouvait-il en être autrement alors que le décalage entre le discours et la réalité reste inlassablement frappant. La question de la confiance entre les gouvernants et les gouvernés a été et reste l’un des défis majeurs auxquels est confronté le pouvoir en Algérie. Les Algériens échaudés par les désillusions successives ne sont plus aptes à croire les discours même les mieux élaborés. Dorénavant, ils veulent juger sur pièce. Le mouvement de contestation populaire l’exprime dans les manifestations chaque vendredi depuis le 22 février. Les différents responsables du pays ne sont pas dignes de confiance aux yeux des manifestants. Ces derniers sont en attente évidente de signaux positifs afin de pouvoir changer de posture. Le mouvement populaire dans la rue, voilà plus dix mois, exige inlassablement le changement. Il s’agit seulement de regagner une confiance instinctivement perdue. C’est à quoi s’attèlera le nouveau gouvernement qui sera confronté à une situation extrêmement difficile. Ramener la majorité des Algériens à croire de nouveau en leur pays et son avenir. Il faudrait se rendre à l’évidence que le temps est venu probablement de se regarder dans la glace. L’Algérie de 2020 ne saurait être gouvernée avec les mentalités et les réflexes des années 1980, ni même 2000. La responsabilité dans les hautes sphères du pouvoir ne pourrait plus être la même. Désormais, elle devrait être, dit l’adage prophétique, « comme tenir une braise dans la main ».