«Les défis de la mise sur pied d’une économie diversifiée» est le thème d’une conférence animée, hier, au siège du parti Tajamou amel el Djazaïr (TAJ) à Alger. En présence de plusieurs spécialistes, Amar Ghoul, président de TAJ, a plaidé pour la mise sur pied d’une économie hors hydrocarbures.

Dans son plaidoyer, il a passé en revue les opportunités de notre pays en matière de services, d’énergies renouvelables, de main-d’œuvre et de sources de financement. Tout en mettant en garde contre la persistance «de l’économie de la rente », il a estimé que cette conférence saura « enrichir le programme du parti dans son volet économique et social ». « Il faut libérer les initiatives et aller rapidement vers une économie hors hydrocarbures », a-t-il dit, insistant sur les défis de croissance qui s’imposent au pays. Et dans le cas contraire, a-t-il mis en garde, «nous serons dans l’obligation de subir la crise en lieu et place de la gérer si elle vient à perdurer ». «Les énergies renouvelables sont l’avenir de l’homme », a-t-il dit, rappelant que malgré l’essor de ces énergies, ceux fossiles restent encore d’actualité et peuvent servir, à l’exemple de notre pays, «comme sources de devises et de financement». Sans toutefois aller au fond de la problématique, il a également appelé « à des réformes profondes » pour s’assurer «de la réussite de cette transition économique », condition sine qua non, a-t-il dit « de la stabilité et du développement ». Il a fait le parallèle entre les crises et les conflits sociaux et armés. Estimant à ce propos qu’« à chaque fois que la crise arrive, des tensions et des conflits naissent ». L’objectif, a-t-il démontré, « est la création de nouveaux marchés et de nouvelles sources d’approvisionnement en matière première pour les puissances occidentales ». Sur le deuxième volet de la conférence, à savoir le social, il a aussi plaidé pour le maintien des transferts sociaux et des subventions qu’il conditionne « à une répartition équitable ». « Les riches n’ont pas besoin de carburant ou de lait subventionnés, donc, il faut cibler ceux qui en ont vraiment besoin », a-t-il dit, ajoutant que les surplus en devises « doivent être orientés vers une caisse d’aide aux investissements ». Ce fond, explique-t-il, « doit être alimenté à travers plusieurs sources, comme le surplus de devises induit par une probable hausse des prix du pétrole ».

A propos des secteurs visés par ces investissements, il a souligné que les énergies renouvelables, la numérisation, les services, le tourisme et l’artisanat peuvent constituer une manne financière importante pour l’économe nationale. Il a aussi appelé à la réforme des secteurs de la santé, de la sécurité sociale, du système de retraites et celui du travail, comme assurance pour une prise en charge efficace du volet social.
Il a indiqué, par ailleurs, que le défi économique qui s’impose au pays doit être pris au sérieux et que les efforts de l’Etat doivent être suivis d’une réelle volonté politique pour y aboutir.