Les préparatifs vont bon train pour l’organisation de la conférence nationale de dialogue initiée par des partis de l’opposition regroupés sous la dénomination des Forces du changement (FC). Les partis Talaie El Hourriyet d’Ali Benflis, le Front de la justice et du développement (FJD) d’Abdellah Djaballah et le Mouvement de la société pour la paix (MSP) d’Abderrazak Mokri, auxquels se sont joints d’autres partis et personnalités politiques, syndicalistes et universitaires, comptent présenter au pouvoir une plate-forme commune pour une sortie de la crise qui dure depuis le 22 février dernier.

Les grandes lignes de cette initiative, prévue le 6 juillet prochain et que coordonne l’ancien diplomate et ministre Abdelaziz Rahabi, tournent principalement autour de comment aboutir à une réflexion commune pour l’organisation de l’élection présidentielle.
«C’est une rencontre inclusive dont l’objectif principal est l’organisation de la prochaine élection présidentielle dans des délais raisonnables qui seront définis après un accord politique consensuel. Cet accord devra porter, notamment, sur les mécanismes à mettre en place et sur l’instance indépendante de préparation des élections. Nous irons donc à l’élection présidentielle après un accord politique inclusif, car c’est cet accord qui définira quand devra se tenir cette échéance», selon le coordonnateur des Forces du changement.
A la question de savoir s’il y a des chances pour une convergence entre les propositions de l’initiative qu’il représente et celle des Forces de l’alternative démocratique, M. Rahabi a déclaré, à l’occasion de la rencontre des démocrates, qu’il avait déjà rencontré, à ce propos, le premier secrétaire du FFS, Hakim Belahcel, et lui avait présenté l’initiative qu’il coordonne. Et c’est pour prendre connaissance, à son tour, de l’initiative des démocrates que M. Rahabi est allé à leur rencontre le 26 juin dernier, son objectif étant «d’établir des passerelles entre toutes les initiatives pour arriver à une «initiative nationale consensuelle», avait-il dit. Une telle démarche sera-t-elle possible à réaliser ? M. Rahabi ne ferme aucune porte et reste optimiste en déclarant que «cela reste du domaine du possible» et qu’«il faut que des efforts soient fournis dans ce sens».
«Nous voulons proposer une initiative commune et parler au pouvoir avec les trois ou quatre initiatives les plus importantes qui sont sur la scène politique. Il s’agit aussi de converger sur la façon de sortir de la crise», selon M. Rahabi. «Faut-il organiser l’élection présidentielle ? Dans quelles conditions l’organiser et quelles sont les garanties que nous devons avoir avant ? Quelles sont également les mesures d’apaisement et de confiance qui doivent être mises préalablement ? Nous essayons de débattre de tout cela avec tous ceux qui activent pour trouver des solutions pour une sortie de crise sans exclure personne. Nous sommes dans une démarche inclusive», insiste-t-il.
En parlant de mesures d’apaisement et de confiance devant être prises par le pouvoir, M. Rahabi déclare viser, entre autres, «la levée des pressions sur les activités politiques en général et sur les partis, la levée du monopole qui existe sur les médias publics, notamment sur la télévision, qui lutte pour le changement en Algérie et une nouvelle approche de la notion du service public. Le pouvoir doit aussi ouvrir les portes du dialogue à tous les courants et mettre à leur disposition les moyens nécessaires, dont les autorisations, pour pouvoir organiser des rencontres», suggère le coordonnateur des Forces du changement.
Il poursuit en affirmant : «L’initiative à laquelle j’ai adhéré moi-même contient une proposition concrète que nous comptons présenter au pouvoir. Cette proposition repose, entre autres, sur la mise en place d’une instance indépendante pour l’organisation des élections. Cette instance devra être composée de membres de l’administration et de la justice et aura pour mission d’organiser et de suivre toute l’opération de l’élection, jusqu’à la proclamation des résultats.» La rencontre est prévue d’être organisée dans une salle pouvant contenir un grand nombre de personnes, selon l’ancien diplomate, car «nous attendons une participation importante, notamment des représentants de la société civile qui devront être plus nombreux que ceux de la classe politique». Il soutient, dans ce sens, que «la société civile est aujourd’hui une réalité politique dont il faut tenir compte et dont une grande partie est née dans le sillage du Hirak». Pour sa part, Lakhdar Benkhellaf, président du Conseil national du FJD et partie prenante de la conférence de dialogue, a confirmé que des contacts ont eu lieu avec des personnalités politiques nationales, dont Ahmed Benbitour, Liamine Zeroual et Ahmed Taleb Ibrahimi. Ces derniers avaient fait savoir qu’ils étaient intéressés par la conférence et donné leur accord de principe pour y participer. Les invitations officielles pour ces personnalités et pour l’ensemble des partis et associations, à l’exception des partis de l’ex-alliance présidentielle et des personnalités ayant soutenu le 5e mandat, devaient être envoyées hier après-midi, selon
M. Benkhellaf, qui a ajouté que l’autorisation a été déposée pour l’obtention de la salle qui devra abriter la conférence nationale de dialogue à l’Ecole supérieure d’hôtellerie et restauration d’Alger, sise à Aïn Benian.<