Dans son intervention à la Conférence ministérielle sur les libertés religieuses, à Washington, Messahel a souligné les valeurs de tolérance de l’Algérie, terre à l’histoire riche et multiple, et la garantie des libertés de culte en vigueur aujourd’hui au sein d’une Nation moderne. Il a rappelé dans son discours que «l’Algérie, terre d’Islam, a enfanté Saint Augustin

et donné à la chrétienté l’un de ses plus illustres et plus brillants théologiens», ajoutant que «l’Algérie, terre d’islam, a aussi donné à l’humanité l’émir Abdelkader, qui avait, en son temps, sauvé la vie à des milliers de chrétiens lors de son exil à Damas, et avait été le premier à avoir posé les règles du droit international humanitaire». L’histoire retiendra qu’il a été communément reconnu comme un «acteur de la paix religieuse» parce qu’il répétait souvent que «si les musulmans et les chrétiens avaient voulu me prêter leur attention, j’aurais fait cesser leurs querelles : ils seraient devenus, extérieurement et intérieurement, des frères». Messahel a également indiqué que «l’Algérie, terre d’islam, a, tout autant, une histoire dans laquelle la religion judaïque et ses adeptes, autochtones comme réfugiés fuyant notamment l’inquisition, y avaient trouvé leur place et s’y étaient épanouis, comme en témoigne la tombe et le mausolée de l’un des rabbins les plus renommés au monde se trouvant à Tlemcen, en Algérie, et qui sont régulièrement visités par des ressortissants étrangers de confession juive».

«Nulle contrainte en religion»

Il a tenu à rappeler à cet effet que l’Algérie a toujours tenu à prendre en charge les préoccupations liées à la construction d’un Etat moderne et d’une nation fondés sur les valeurs identitaires du peuple algérien, dont celles portées par la religion musulmane qui enseigne qu’il n’y a «nulle contrainte en religion». Des principes fondés également sur les valeurs universelles qui unissent aujourd’hui la communauté internationale et l’humanité tout entière. «Cette préoccupation, a-t-il ajouté, a été affirmée précocement et avec beaucoup de conviction et de vision par l’Appel lançant la Révolution du 1er Novembre 1954, dans lequel il avait été établi comme objectif de la lutte de libération nationale, la création d’un Etat démocratique et social fondé, notamment, sur le respect de toutes les libertés fondamentales sans distinction de races ou de confessions.» Le ministre des Affaires étrangères a mis en exergue les garanties constitutionnelles des libertés de conscience, d’opinion et d’exercice du culte en Algérie, rappelant les dispositions de l’article 42 de la Constitution qui stipule que «La liberté de conscience et la liberté d’opinion sont inviolables. La liberté d’exercice du culte est garantie dans le respect de la loi». Il a tenu à rappeler que la réunion de Washington «intervient dans un contexte international marqué par la montée des intolérances de toutes natures, par la xénophobie, l’islamophobie et un amalgame dévastateur entre la religion musulmane et le fléau du terrorisme».