Le numéro 1 de Sonelgaz a participé, mardi, à Saly-Portudal, au Sénégal, aux travaux de la Conférence des groupes énergétiques régionaux africains, indique un communiqué du groupe.

Par Salim Benour
La Conférence des groupes d’énergie régionaux africains se tient depuis le 25 novembre 2005, en coordination avec l’Association des compagnies d’électricité en Afrique, à la faveur de la déclaration de coopération signée à Lusaka en Zambie.
Chaher Boulakhras a inauguré les travaux de l’édition d’octobre 2021 en sa qualité de président du Comité maghrébin de l’électricité (Comelec), en compagnie du directeur de cabinet du ministre sénégalais du Pétrole et des Energies, Issa Dione. Selon le communiqué du groupe, son PDG a déclaré que «le secteur de l’énergie aux niveaux national, régional et continental assiste à des changements profonds, en termes d’approvisionnement, de sources d’énergies, d’émergence d’énergies renouvelables, de protection de l’environnement et autres» et a plaidé pour la coopération énergétique entre pays africains. Il a fait observer que ces changements incitent les Etats et les opérateurs énergéticiens du continent «à renforcer la coopération et la solidarité entre compagnies membres, en veillant à faciliter le transfert technologique, le savoir-faire et la coopération mutuelle si nécessaire». M. Boulakhras qui, selon le communiqué publié, ne semble pas s’être trop avancé sur les perspectives de la transition dans notre pays, a toutefois mis en avant le savoir-faire, l’expérience et l’expertise algérienne dans le secteur de l’énergie, estimant que les récentes découvertes de gaz dans plusieurs pays d’Afrique constituent «une occasion favorable au développement, à la création d’opportunités d’emploi et d’accès des Africains à l’énergie».
Pour le président par intérim du Comité scientifique de l’Association des sociétés d’électricité d’Afrique (Asea), également Directeur général de la Société nationale sénégalaise d’électricité (Senelec), la transition énergétique est «une obligation stratégique et morale», à laquelle ne peuvent se dérober les pays africains. Pape Mademba Bitèye intervenait à la première réunion du comité scientifique de l’Asea. «Il est impossible, je dirais même hors de question, de se soustraire de l’obligation stratégique, conjoncturelle et morale de procéder activement et de façon délibérée à une transition énergétique». Selon l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena), dont l’Algérie assure depuis mai 2021 la vice-présidence de sa Commission du programme et de la stratégie (CSP), l’Afrique subsaharienne pourrait satisfaire jusqu’à 67 % de ses besoins énergétiques d’ici 2030. Tout dépend, cependant, de la disponibilité des financements pour accélérer la croissance des énergies renouvelables et soutenir les innovations dans les technologies, les politiques, les modèles commerciaux et la conception des marchés.
A cause de la Covid-19, les investissements énergétiques en Afrique ont chuté de 32 %, en 2020, alors que la moitié du continent n’a pas accès à une électricité fiable. En septembre dernier, le Forum économique mondial (WEF) a publié un nouveau «livre blanc» dans lequel il fait part de la possibilité de pallier à ce déficit par le recours à des solutions énergétiques plus propres. Intitulé «Financing the Future of Energy», le document réalisé avec le cabinet de consulting Deloitte identifie les options de financement viables d’une transition énergétique qui passerait par la décarbonisation, la décentralisation et la numérisation. n