L’imaginaire de l’homme a de tout temps été bercé par les mythes. Des faits dans l’absolu anodins, réels ou pas, ont été mythifiées. L’histoire de l’humanité ne fait pas exception.

Par Rédaction culturelle
Aujourd’hui, les mythes ont-ils encore droit de cité ? Peuvent-ils évoluer, changer, perdurer ? Peut-on les casser ? C’est autour de ce postulat que l’écrivain et historien espagnol Angel Viñas a axé sa conférence, mercredi dernier, 18H, à l’Institut Cervantès d’Alger, en présence de l’ambassadeur d’Espagne en Algérie et d’un public nombreux. Le conférencier est un spécialiste de l’histoire nouvelle et contemporaine du Royaume d’Espagne. Il en est d’ailleurs la référence incontournable, connu et reconnu par ses pairs.
L’orateur développera son intervention, voire sa réflexion, autour de la guerre d’Espagne également désignée sous le nom de guerre civile espagnole (17 juillet 1936-1er avril 1939). Pour lui, « cette guerre civile est un événement important dans l’histoire contemporaine de l’Espagne ». Et d’ajouter que « cette révolution a laissé un amer souvenir chez nombre d’Espagnols. Elle a attisé les supputations, mais également la création littéraire, devenant une source d’inspiration et de créativité ».
Pour le chercheur, pour comprendre les tenants et aboutissants de cette période charnière de l’Espagne contemporaine, consulter les archives est plus que nécessaire. Cependant, a-t-il affirmé, « la disparition de certains documents sur les derniers évènements en Espagne, sous le régime politique de Franco, pourrait poser un obstacle pour les futurs chercheurs dans l’analyse des longues guerres civiles et d’autres évènements en Espagne », soulignant que cette « guerre avait même des répercussions et des influences sur les pays limitrophes ». Car elle s’est étendue hors péninsule ibérique, créant, de ce fait, des confrontations entre les croyances et surtout les courants de pensée et mouvements politiques dont le fascisme, le nazisme…
Pour étayer ses propos, le conférencier a déclaré que les idéologies politiques dominantes, notamment en Europe, pesaient de tout leur poids dans l’élargissement des frontières géographiques et ce, en « colonisant les pays limitrophes, dans le but de gouverner un peuple et avoir une place parmi les nations ». Pour lui, l’extrémisme politique en Europe du XIXe et XXe siècles avait poussé les leaders européens à s’affronter et surtout à commettre des génocides. « Nous savons tous ce qui s’est passé durant la Seconde Guerre mondiale et après 1945. L’affrontement entre les peuples a eu lieu, suite à une guerre civile. Cela ne s’est pas posé uniquement en Espagne, bien évidement, même en Portugal et d’autres pays européens », a-t-il indiqué.
L’Espagne ne fut pas en reste avec sa « révolution » ou plutôt guerre civile qui a assuré la transition, permettant au chef du camp nationaliste de remporter la victoire sur les républicains et d’instaurer un régime politique dictatorial (l’Etat franquiste). L’autre facette méconnue de cette révolution est que cette « guerre civile était une croisade pour sauver l’Eglise chrétienne catholique qui, aujourd’hui, et le statut de martyr religieux aux victimes de cette guerre », a annoncé Angel Viñas.
Revenant sur la politique de Franco, le conférencier a estimé qu’au-delà de son aspect dictatorial, il faut lui reconnaître le fait indéniable qu’elle a donné lieu à une abondante littérature. Cela ne suffit pas pour mettre la lumière sur cette période de l’histoire de l’Espagne contemporaine. Car la documentation y afférente a été majoritairement détruite. Des recherches pour découvrir d’autres éléments doivent encore être menées par les générations à venir pour compléter l’histoire d’un pays. n