La Confédération des syndicats algériens (CSA) appelle le gouvernement à relever dans l’immédiat la valeur du point indiciaire et refuse d’attendre le 2e semestre de 2022 dans un contexte social marqué par «l’érosion du pouvoir d’achat, l’explosion des prix et la dévaluation du dinar».

PAR MILINA KOUACI
Alors que le président de la République a ordonné, en octobre dernier, d’augmenter le point indiciaire après 14 ans de gel, le Premier ministre Aïmene Benabderrahmane a annoncé, en décembre dernier, que le gouvernement ne révisera le point indiciaire qu’à partir du deuxième semestre 2022. Près d’un mois plus tard, la CSA a exprimé son «rejet catégorique» et réclame le respect des instructions du président Abdelmadjid Tebboune.
La décision de reporter l’augmentation du point indiciaire au 2e semestre de 2022 est «offensante pour les travailleurs que la politique du gouvernement a plongés dans le besoin et la pauvreté», et ce, en dépit de «l’amélioration des prix des hydrocarbures», écrit la CSA dans un communiqué rendu public.
Ladite confédération exige, par ailleurs, que l’augmentation du point indiciaire soit «conséquente» et met en garde le gouvernement de décider d’une augmentation symbolique ne servant qu’à calmer provisoirement la masse travailleuse. «Nous demandons une augmentation qui redonne au pouvoir d’achat son équilibre. Nous refusons toute augmentation qui ne soit pas à la hauteur des travailleurs et fonctionnaires», alerte la même source. La CSA estime que le pouvoir d’achat s’est dégradé de 60 % durant la dernière décennie en raison de la flambée des prix et de la dévaluation de la valeur de la monnaie nationale. Cela fait des années que les acteurs sociaux demandent une consolidation du pouvoir d’achat ainsi qu’une augmentation «considérable» du point indiciaire qui aura une incidence sur les salaires et le pouvoir d’achat.
Les 15 syndicats de la Fonction publique constituant la CSA expriment leur «attachement» aux revendications qu’ils avaient déjà soulevées, notamment celles liées à la protection du pouvoir d’achat, la révision de la grille des salaires et le droit de départ à la retraite anticipée sans condition d’âge. Elle demande d’actualiser la prime de zone, de généraliser la prime d’excellence estimée à 60 % du salaire de base de chaque catégorie.
Sur un autre volet, la CSA demande de consolider les droits et libertés syndicales et de garantir la protection du délégué syndical. Elle a demandé, en effet, que les modifications qui seront apportées à la loi 90/14, relative aux modalités d’exercice du droit syndical, soient conformes aux dispositions des conventions internationales ratifiées par l’Algérie. Elle revendique, par ailleurs, que la nouvelle loi permette aux organisations syndicales de constituer des fédérations, unions et confédérations et promeut la liberté et le droit syndical, et ce, en autorisant la tenue de grèves ainsi que l’organisation de rassemblements et manifestations. La CSA appelle, également, les autorités compétentes à autoriser les retraités à constituer des syndicats leur permettant de défendre leurs droits moraux et financiers.
Enfin, elle met en garde contre la situation socio-économique des travailleurs qui s’est aggravée depuis la propagation du coronavirus. L’organisation demande de prendre en charge les dossiers et revendications qui demeurent en suspens au risque d’un embrasement social. «Nous demandons à tous les travailleurs de la Fonction publique de s’unir et de se préparer à toute action censée défendre leurs droits légitimes et dignité», conclut le communiqué. <