PAR MILINA KOUACI
La Confédération des syndicats algériens (CSA) envisage de réagir face à la situation sociale qui prévaut dans le pays. Bien qu’aucune date ne soit officiellement avancée, il n’en demeure pas moins que les 12 syndicats constituant la CSA et représentant les différents secteurs de la Fonction publique n’écartent pas le recours à des grèves et des marches à la rentrée sociale.
La prochaine rentrée sociale devrait connaître une effervescence due à la situation sociale et pour cause «le pouvoir d’achat ne cesse de se dégrader. La situation n’augure rien de bon et présage d’un mouvement qui pourrait s’inscrire dans la durée», alerte Sadek Dziri, président de l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef) et membre de la CSA. Les syndicats de la Fonction publique soulèvent des revendications salariales et demandent des solutions à leurs problèmes. «Tous les secteurs de la Fonction publique n’ont pas connu d’augmentation de salaires depuis 2010, tandis que les salaires sont restés figés et la moyenne des prix de produits de consommation et des services a sensiblement augmenté», dit Sadek Dziri, La CSA, qui s’est réunie lundi à Alger à l’effet de débattre de la situation sociale, économique et des conditions socioprofessionnelles, fait en effet un constat amer de la situation sociale, menaçant de revenir à la charge si les revendications ne sont pas honorées. Les hautes autorités doivent, estime-t-elle, ouvrir le dialogue pour revoir la politique salariale, surtout en ce qui concerne les primes et indemnités. «Il est urgent et indispensable de rouvrir le dossier des salaires et des indemnités pour faire face à l’érosion vertigineuse du pouvoir d’achat», clame notre interlocuteur. La CSA tente d’alerter les autorités compétentes sur la situation sociale afin d’éviter que le scénario de l’année précédente ne se reproduise, où différents secteurs de la Fonction publiques ont organisé des actions de grève afin de réclamer une révision de salaire et améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs. Dans le secteur de l’Education, des grèves sans couvertures syndicales ont été observées en signe de colère et de mécontentement face à la dégradation du pouvoir d’achat. Avec des revendications qui ne sont toujours pas satisfaites, M. Dziri met en garde : «Nous sommes sous la menace d’une explosion sociale. En tant qu’organisations syndicales, nous sommes dans l’obligation de nous mobiliser afin de défendre les droits des travailleurs et faire valoir leurs revendications.» La CSA appelle, en particulier, à la création d’un Observatoire national du pouvoir d’achat et de l’indice de la cherté de la vie. Cet observatoire, explique le président de l’Unpef, est censé garantir un équilibre du pouvoir d’achat et de préserver la dignité des salariés. Notre interlocuteur insiste, la «solution est dans l’ouverture du dossier des salaires et des indemnités dans les meilleurs délais». <