La Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC) a annoncé, hier, la publication prochaine d’un livre blanc sur l’économie nationale. Ce document en cours de préparation devrait être publié dans les semaines prochaines, a déclaré le président du CAPC, Samy Agli, lors d’une conférence de presse, qu’il a animée hier, au siège de l’organisation patronale.

Samy Agli a précisé que ce document portera sur le constat et les propositions que fait la confédération patronale sur le monde de l’entreprise et de l’économie en Algérie. Une action somme toute ordinaire de la part de ce collectif associatif patronal dans un contexte où il est question de trouver les moyens de sortir le pays de la crise qu’il traverse actuellement. Ce document de plus d’une centaine de pages présentera ainsi la vision économique de l’association «loin de tout lobbying et intérêt personnel mais dans l’intérêt de l’économie du pays».
Durant toute son intervention, le premier responsable de la CAPC a positionné sa confédération en appui aux propositions du gouvernement pour relancer l’entreprise et l’économie. Se présentant comme une force de proposition, l’organisation patronale, à travers la voix de son premier responsable, indique qu’«aujourd’hui, il s’agit de se projeter en s’adaptant au contexte actuel à travers des actions concrètes pour construire un nouveau modèle économique basé exclusivement sur une vision économique productive». Dans cette perspective, Samy Agli a salué les orientations du chef de l’Etat, afin de soutenir l’investissement, les start-up, le développement de la production et de la transformation agricole ainsi que la mise en place d’une industrie forte. Il réitère toutefois que «la bureaucratie est un réel fléau pour l’économie», citant «la lenteur de l’administration pour l’application des mesures d’accompagnement décidées par l’Etat».
Par ailleurs, la CAPC a de nouveau soutenu la position de l’Algérie en ce qui concerne l’accord d’association avec l’Union européenne (UE) estimant que le temps de l’ouverture de la zone de libre-échange n’est pas encore arrivé et que les négociations sont légitimes dans la mesure qu’elles permettent de déterminer la relation économique Algérie-UE basée sur le cadre équilibré d’un accord gagnant/gagnant. Samy Agli a ainsi estimé que dans l’état actuel des choses, l’accord d’association ne préserve pas les intérêts économiques du pays. «Il faut que l’Algérie cesse d’être un bazar», a-t-il dit à propos.
Pour rappel, le chef de l’Etat, lors de sa dernière intervention avec les médias, a déclaré que l’Algérie n’abandonne pas l’accord d’association et qu’elle s’accorde le temps nécessaire pour se préparer efficacement à la zone de libre-échange. Sur un autre registre tout au long de l’intervention de Samy Agli, il a été question de l’actualité des actions menées sur le terrain économique, notamment avec la centaine d’actions de solidarité menée depuis le mois de mars dans le contexte de la crise sanitaire de la Covid-19 et plus récemment l’accompagnement des start-up, mettant ainsi l’importance de l’économie du savoir en tant que levier économique à travers le soutien au start-up, au digital et au numérique.
Sur le terrain du statut de la Confédération, question sur laquelle il était attendu, son premier responsable n’a pas été très prolixe, considérant que tout se passe au mieux dans son organisation et que les démissions rapportées par la presse n’ont pas d’impact sur l’équilibre et le fonctionnement de son organisation. Il affirme à ce sujet qu’«il y a eu deux démissions sur une centaine d’entreprises» et «pour nous c’est un non-événement».
A la question sur le rejet de la part du ministère du Travail d’agréer la demande de statut de confédération, jugée non conforme aux dispositions de la loi 90-14 du 2 juin 1990 modifiée et complétée relative aux modalités d’exercice du droit syndical, le président du CAPC réplique qu’il n’a jamais été question du «changement de statut de notre association patronale régie par les lois du ministère de l’Intérieur». Précisant : «On a fait par contre une mise en conformité de notre statut, mais à aucun moment nous n’avons voulu changer le statut de notre organisation.» Toutefois, Samy Agli déclare qu’«on a le projet de créer une confédération syndicale sous l’égide des lois syndicales du ministère du Travail. C’est un projet totalement distinct de l’organisation et je tiens à affirmer que nous entretenons des rapports cordiaux avec le ministère du Travail».
Concluant à ce sujet qu’«aujourd’hui, nous avons besoin de parler d’éthique et d’engagement de nos membres et notre action est sur le terrain en toute transparence. Ce sont des centaines d’entreprises qui adhèrent pour la construction d’une économie algérienne forte». n