Par Nadir Kadi
Le fils de l’ancien ministre de la Solidarité et ex-secrétaire général du FLN Djamel Ould Abbès a été arrêté, mercredi, au Venezuela. El Wafi Ould Abbès, cité par la justice lors du procès de « l’affaire Baha Eddine Tliba » où il a été condamné « par contumace » à 20 ans de prison ferme « avec émission d’un mandat d’arrêt international à son encontre », se trouvait, en effet, à l’aéroport international Simon-Bolivar de Caracas, a fait savoir le média El Carabobeño.
Le journal vénézuélien explique, dans un article publié sur son site le 9 juin, que le « ressortissant algérien de 52 ans » était enregistré sur « notice rouge » de l’organisation Interpol. Il ajoute que l’arrestation a été conduite par des agents d’Interpol au Venezuela « après avoir effectué une recherche exhaustive à travers le système international I-24/7, la véritable identité du citoyen susmentionné a été obtenue, identifiée comme El Wafi Fouad Elbachir Ould Abbas ». Le média vénézuélien, qui ne donne pas plus d’information sur les conditions de l’arrestation, notamment si El Wafi Ould Abbès entrait ou sortait du Venezuela, a cependant indiqué que l’avis de recherche avait été officiellement émis le 15 janvier 2020 « à la demande de l’Algérie » et au motif du délit de « blanchiment d’argent ». En effet, le fils de l’ancien ministre avait été cité à plusieurs reprises lors des procès en première instance et en appel de « l’affaire Baha Eddine Tliba ». Il avait été reconnu coupable, le 6 décembre 2020, au côté de son frère Iskandar Ould Abbès et de l’ex-député FLN Baha Eddine Tliba, des charges « d’infraction à la réglementation de change et des mouvements des capitaux, de et vers l’étranger » et de « l’obtention d’indus avantages ».
Procès qui avait, pour rappel, fait la une de l’actualité suite aux déclarations et « révélations » de Baha Eddine Tliba sur des cas de « corruption » pour l’obtention des places sur les listes électorales. L’ex-député avait notamment déclaré que «les enfants de Ould Abbès» lui avaient demandé la somme de «70 millions de dinars» pour la place de « tête de liste » à Annaba lors d’élections législatives. L’ancien collaborateur de Djamel Ould Abbès, lors de la préparation des législatives de 2017, Bouchnak Kheladi Abdallah, avait quant à lui fait savoir, lors des audiences, qu’il avait reçu plusieurs communications, dont celle d’El Wafi Ould Abbès, pour l’inscription de certains noms sur les listes électorales. Des accusations qu’Iskander Ould Abbès, présent lors du procès, avait réfutées, laissant entendre qu’il s’agissait d’une machination contre lui et son père. Lui-même n’aurait ainsi « jamais eu le pouvoir» d’intervenir dans la constitution des listes électorales.
Une défense qui n’avait toutefois pas convaincu les juges de la Cour d’Alger, la juridiction d’appel avait prononcé, le 6 décembre, des peines de 7 ans de prison ferme, assortie de « la saisie de tous les biens » contre l’ancien député FLN Baha Eddine Tliba et Iskandar Ould Abbès. Bouchnak Khelladi Abdallah, ancien collaborateur de Djamel Ould Abbès, avait pour sa part été condamné à deux ans de prison ferme assortie d’une amende de 200 000 dinars pour « abus de pouvoir ».