La sortie de prison, hier, du militant politique et ancien député Khaled Tazaghart, après près de deux mois de détention, a été accompagnée par des marques de satisfaction dans les milieux politiques qui ont déjà exprimé leur condamnation de sa mise en détention provisoire.
Le Parti des travailleurs (PT) a rendu public un communiqué dans lequel il «se félicite de la libération de Khaled Tazaghart, militant et activiste de la révolution du 22 février 2019», ajoutant qu’il «partage la joie de sa famille et celle de ses proches qui vont enfin se retrouver après deux mois d’incarcération arbitraire de Khaled Tazaghart». Pour le PT, «cette bonne nouvelle doit être suivie par la libération immédiate et inconditionnelle de tous les détenus politiques et d’opinion», estimant qu’il s’agit d’une «exigence démocratique».
Hakim Belahcel, membre de la direction du Front des forces socialistes (FFS), a fait part, sur son compte facebook, de son «soulagement» suite à cette évolution, plaidant pour «la libération de l’ensemble des détenus politiques». Même son de cloche du côté de l’association Rassemblement actions jeunesse (RAJ), dont les membres se disent «réjouis» par la libération de Tazaghart, formulant le vœu de voir également «libérer tous les détenus d’opinion au niveau national et l’annulation de toutes les poursuites à l’encontre des acteurs du mouvement populaire». RAJ a tenu également à rendre hommage au collectif d’avocats qui a assuré la défense de Tazaghart. Pour Saïd Salhi, avocat et vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), c’est un «soulagement» et «une victoire de la justice», mettant en avant «la solidarité populaire et l’engagement sans faille du collectif de la défense».
Il faut rappeler que la Cour de Béjaïa qui a traité en appel l’affaire, la semaine dernière, a mis en délibéré le dossier alors que le Parquet avait demandé l’aggravation de la peine contre l’ancien parlementaire, accusé «d’incitation à attroupement, publication pouvant porter trouble à l’ordre public et violation des mesures du confinement sanitaire relatif à la Covid-19».
En première instance, tenue dans des circonstances décriées par les avocats, Khaled Tazaghart a été condamné par le Tribunal correctionnel d’Akbou, le 27 septembre dernier, à une année de prison ferme assortie de 100 000 DA d’amende. Le collectif d’avocats a construit sa plaidoirie sur le fait que l’accusé soit poursuivi «pour ses opinions politiques». En effet, les avocats ont qualifié le procès de «politique», notamment «l’inexistence de fondements juridiques» pour l’arrestation du militant politique Khaled Tazaghart. «C’est un procès politique. C’est une poursuite contre le droit à la liberté d’expression, d’opinion et de manifestation constitutionnellement consacrée», ont plaidé les avocats. Ils ont réclamé l’acquittement du détenu arrêté, pour rappel, le 27 septembre dernier et placé en garde à vue, puis présenté, le lendemain devant le juge près le Tribunal d’Akbou qui l’a placé sous mandat de dépôt avant de le condamner à une année de prison ferme assortie d’une amende de 100 000 DA. n