PAR NAZIM B.
Près d’un mois après le verdict surprise annoncé par le Tribunal de Bab El Oued, le procès en appel contre Fethi Ghares, coordinateur du Mouvement démocratique et social (MDS), est fixé au 22 février en cours, apprend-on de ses avocats.
Mis en détention en juillet 2021, le chef politique du MDS comparaîtra cette fois devant la chambre pénale près la Cour d’Alger.
L’accusé est poursuivi pour «atteinte à la personne du président de la République, outrage à corps constitués, diffusion au public de publications pouvant porter atteinte à l’intérêt national, diffusion d’informations pouvant porter atteinte à l’unité nationale et diffusion d’informations pouvant porter atteinte à l’ordre public».
Le 9 janvier dernier lors du procès en première instance, le coordinateur du MDS a été condamné à une lourde peine de 2 ans de prison ferme assortie d’une amende de 200 000 DA par le Tribunal de Bab el Oued. «Nous allons introduire un appel dans les prochains jours», avait annoncé au sortir de l’audience Maître Mostefa Bouchachi, membre du collectif, qui dit que «c’est une décision très sévère qui semble être un message aux militants d’une Algérie libre et démocratique».
Formulant le vœu que la décision de la justice «sera abandonnée après l’appel pour annoncer l’innocence de Gheras», l’avocat s’est montré moins enthousiaste «eu égard à ce qui a été constaté durant la séance de jugement de Fethi Ghares qui «n’a commis aucun crime».
«Fethi en sa qualité de responsable d’un parti politique agréé a émis une opinion de son parti de façon transparente», a soutenu le même avocat, lequel a ajouté que le chef du MDS «n’a transgressé aucune loi de la République». La poursuite en justice et la condamnation de Fethi Gharesont été fortement critiquées par des formations politiques de l’opposition. Le Parti des travailleurs (PT) a considéré qu’il s’agit là d’un «procès politique» d’un responsable politique emprisonné «arbitrairement pour ses activités politiques et ses déclarations».«Ce procès est une preuve que nous sommes toujours dans la judiciarisation de la vie politique, entamée au lendemain de la révolution de février 2019. C’est la criminalisation de l’action et l’opinion politique et c’est aussi une remise en cause brutale du multipartisme», a déploré l’ex-député RamdaneTaazibt, pour qui, «six mois de prison préventive contre Ghares, c’est déjà une sanction». «Révoltant ! Deux ans de prison ferme pour Fethi Ghares. C’est une grave escalade dans la répression. Il n’y a pas de mesure d’apaisement…», a dénoncé, quant à lui, le porte-parole du Parti socialistes des travailleurs (PST), Mahmoud Rachidi.
De son côté, le FFS a indiqué que cette condamnation est une «escalade dangereuse» de la part des autorités, faisant remarquer que «ce verdict intervient alors que la situation des libertés en Algérie se dégrade».
Pour sa part, le président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a souligné qu’il s’agit d’un «scandale politico-judiciaire», jugeant que «la condamnation de Fethi Ghares à deux années de prison ferme va renforcer la défiance du peuple algérien envers la justice de notre pays».