La condamnation de son P/APC à six mois de prison ferme, suite au procès pour diffamation qui lui a été intenté par son ex-camarade du parti et néanmoins ami de quarante ans, Nordine Aït Hamouda, n’a pas été du goût du RCD qui dénonce une cabale politico-judiciaire à l’encontre de son élu.

« Encore une fois, la justice aux ordres s’illustre en Algérie. Avec une célérité expéditive, elle vient de condamner par défaut, et sans aucune autre forme de procès, le président de l’APC d’Iferhounène, Hamid Aït Saïd, connu pourtant pour avoir une adresse fixe et publique », écrit le bureau régional de Tizi Ouzou dans une déclaration rendue publique en fin d’après-midi de lundi dernier.
Dans des termes violents et ne dissimulant pas sa colère, le RCD tire au lance-flammes sur son ancien cadre et ex-député, Nordine Aït Hamouda, tout en fustigeant le verdict rendu par le tribunal de Chéraga qui « a statué sur une plainte, déposée par le sieur Nordine Aït Hamouda, excommunié par le RCD pour cause de haute trahison, sans avoir préalablement pris la peine de convoquer le présumé prévenu et s’assurer de la citation du concerné, conformément aux règles et procédures pénales prévues par la loi. » La condition est, pour le RCD, le signe de « l’arbitraire (qui) confirme tristement l’ampleur de l’instrumentalisation et de la manipulation de la fonction judiciaire en Algérie, d’autant plus qu’elle vise à intimider, voire tenter de porter atteinte à l’honneur des citoyennes et citoyens gênants le régime algérien et les appétits clientélistes de ses affidés. » Prenant la défense de son élu, le parti de M. Bellabas interprète la décision de la justice comme une manière d’attenter à l’honorabilité et « la gestion (sans) faille du P/APC d’Iferhounène ».
Tout en soulignant le caractère « fallacieux » du prétexte d’atteinte aux symboles de la Révolution « pour condamner, ironie de l’histoire, un fils de chahid, patriote, de surcroît, dans la lutte antiterroriste ».
Plus grave, aux yeux du RCD, la décision du tribunal illustre la démarche d’une justice connivente qui profite au plaignant, Nordine Aït Hamouda, brocardé pour sa proximité avec le pouvoir. « Personne n’est dupe, le choix du tribunal de Chéraga, dont la compétence territoriale recouvre Club-des-Pins, lieu de résidence du sinistre plaignant, connu pour ses nombreuses affaires scabreuses, pour condamner un honnête citoyen et maire, n’est pas fortuit. En assurant l’exécution de cette sale besogne, le tribunal en question se spécialise, apparemment, dans la fonction répressive à l’encontre de celles et ceux qui militent pour l’avènement de la démocratie et d’un Etat de droit dans notre pays », proclame le RCD.
Ce dernier jure de ne pas « laisser l’un de ses membres injustement condamné, pendant que le plaignant, qui devrait, lui-même, être poursuivi pour insultes, diffamation et menaces, est traité en privilégié du régime».
En conclusion, la déclaration du Rassemblement pour la culture et la démocratie laisse entendre qu’il ne restera pas les bras croisés en cas de confirmation de la condamnation de son élu. Il met en garde « le pouvoir et son bras agissant dans cette affaire, la justice, quant aux représailles qu’une telle injustice provoquerait, et leur endosse la responsabilité de tout ce qui adviendra ».