Par Sihem Bounabi
Le Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (Snechu) a, dans un communiqué adressé à ses adhérents et diffusé sur les réseaux sociaux, appelé à la mobilisation pour rejeter l’avant-projet des grilles des concours des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires et chefferie de service.
 En effet, après avoir pris connaissances du projet de cette nouvelle grille de concours, une réunion extraordinaire a été organisée des bureaux nationaux du syndicat regroupant douze facultés de médecine dont Alger, Annaba, Béjaïa, Blida, Constantine, Mostaganem, Oran, Sétif, Ouargla et Tlemcen. Les participants ont été unanimes à rejeter le projet de cette nouvelle grille la qualifiant de « grille de l’impossible ».
Il est souligné dans le communiqué que « le Snechu exprime toute son inquiétude et son mécontentement concernant cette démarche ». En effet, « il nous a été donné de constater une véritable dichotomie dans ces propositions, dans la forme et dans le fond, d’une part, avec le statut particulier de l’enseignant chercheur hospitalo-universitaire et, d’autre part, avec la réalité des conditions de travail et de recherche dont nous disposons sur le terrain ». Ajoutant que « le Snechu, en tant que partenaire social dénonce cette démarche unilatérale dans l’élaboration de ces propositions non fédératrices, qui ne reflètent qu’une volonté délibérée d’entraver une réelle progression universitaire». Selon différents témoignages, l’un des aspect qui marque un « verrouillage de l’accès à ces concours les rendant impossibles » est notamment le système de points de cette nouvelle grille, soit des bonifications pour cumuler le maximum de points qui entrent dans la grille et qui ne sont pas accessibles à la majorité des candidats du concours.
A titre d’exemple, des points bonus sont accordés aux candidats qui ont occupé des postes de recteur, de doyen ou de chef de département, sachant qu’il y a très peu de personnes qui occupent ce type de poste.
Ce qui révolte encore plus les enseignants chercheurs hospitalo-universitaires est la notation des points comptabilisée pour les concours de chefferie de service. Ainsi des points sont également accordés pour la direction des thèses sachant que cette encadrement des thèses est exclusivement réservé aux chefs de service, d’où la contradiction et la question « comment un candidat peut cumuler des point en tant qu’encadreur de thèse alors qu’il postule pour le poste de chef de service, qui sont les seuls habilités à encadrer des thèses ? » 
De même, dans le type de contradiction, des points sont également accordés au cas où le candidat est président de comité régional de spécialité ou comité national de spécialité, là aussi, les seuls habilités à occuper ce type de responsabilité sont les chefs de service, d’où l’incompréhension des candidats face de telles contradictions qui ne respectent aucune logique.
D’autres témoignages dénoncent une autre mesure dans cet avant-projet de la grille de concours qui, contrairement à l’ancienne grille, où les maîtres de conférences et les professeurs pouvaient postuler aux postes de chefferie de service, dans cette nouvelle grille, seuls les professeurs ont le droit de postuler. Il est précisé à ce sujet que les statuts particuliers des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires sont régis par des lois où il est dit que le maître de conférence de catégorie A peut postuler en tant que candidat au concours du poste de chefferie de service mais dans la nouvelle grille il est exclu, ce qui est considéré comme « anti réglementaire vis-à-vis de la loi». Face à ce constat, des assemblées générales seront prochainement organisées dans toutes les facultés de médecine à travers le territoire national pour se concerter sur les actions à mener afin de dénoncer cet avant-projet de grille de concours.
Selon différents avis, l’ancienne grille était correcte car elle prenait en charge les trois volets de cette catégorie, soit celle de l’enseignant, du chercheur et d’actes de soins. Le projet de cette nouvelle grille ne prend en compte que le volet de la recherche, ce qui exclut une grande majorité de candidats pour les quatre catégories de concours : maître assistant, maître de conférences, professeurs et chef de service.
Pour rappel, il a fallu attendre 2014, et après mobilisation des syndicats de la santé, pour que le concours de chefs de service soit normalisé. Selon les témoignages, il n’y a eu que 2 concours pour les postes de chefferie de service hospitalier de 1962 à 2014. Ensuite, il y a eu une dynamique qui avait été impulsée de sorte que tous les deux ou trois ans, il y avait l’organisation de concours pour les chefferies de service d’autant plus que l’âge de la retraite pour les chefs de services a été fixée à 67 ans, permettant d’assurer la relève. n